Auteur Sujet: en suisse , vente volaille legere baisse,  (Lu 1220 fois)

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en suisse , vente volaille legere baisse,
« le: 03 mars 2006 à 13:50:49 »
e H5N1 ne grippe pas le commerce de détail
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Grippe aviaire

Les détaillants attirent les clients des grandes surfaces. Leurs conseils personnalisés rassurent.
Les poulets étrangers accusent le coup. Les clients se rabattent sur la production helvétique.
Les petits commerces enregistrent depuis lundi une baisse des ventes inférieure à 10%.

jérôme faas
Publié le 03 mars 2006

Cailles de Dombes, pintade et canard colvert de Bresse, poulets fermiers de l'Ardèche et de l'Allier, l'étal de Ramon Estévez regorge de volaille. Chaque jour, l'artisan des Halles de Rive vend une centaine d'oiseaux. «Jusqu'à la semaine passée, mon commerce marchait même un peu mieux que d'habitude.»

Ramon Estévez © Pascal Frautschi   

Et voilà que dimanche, un canard infecté est détecté en plein cœur de Genève. Depuis lundi, le chiffre d'affaires de Ramon Estévez a chuté «de 7% à 8%». Rien de dramatique.

Le grossiste Marc Fournier confirme ce tassement. L'homme fournit les restaurateurs et les petits commerçants. Il connaît par cœur la cote d'amour du poulet.

Depuis la mi-décembre, le volatile d'importation fait peur. Ses ventes chutent de 20%. Marc Fournier enregistre pourtant «un très bon Noël»: le consommateur achète désormais suisse. Jusqu'à lundi. «Toutes origines confondues, une baisse des ventes de l'ordre de 8%-10%» intervient.


Yvan Boisson © Pascal Frautschi   

Les médias mis en cause

Second phénomène, les acheteurs migrent de la grande surface aux petits commerces. «J'ai hérité de clients que je ne vois pas d'habitude, témoigne Ramon Estévez. Ils se disent: on va aller chez le spécialiste. Ils posent beaucoup de questions sur le virus, les risques, la provenance de la marchandise.» La volaille étrangère effraie? Ramon Estévez l'écoule sans coup férir. «La pintade de Bresse, c'est le top du top», vante-t-il en soupesant l'animal. Celui-ci trouvera preneur. Ces bêtes particulières ne sont tuées que sur commande expresse du détaillant.

«Notre avantage sur les grandes surfaces, c'est la qualité, la fraîcheur et le rapport beaucoup plus étroit que nous pouvons lier avec le client.»
«Nous proposons plus qu'une simple étiquette», renchérit Yvan Boisson, boucher à Carouge. Sa clientèle «parle peu» de la grippe aviaire, mais achète moins de poulets. «On vend un peu plus de lapins et de cailles», note son père, Régis.

Nombreux sont ceux qui affirment ne plus se servir aux rayons des supermarchés.
Yvan Boisson observe que quelques clients «pourtant instruits» ne prennent plus de poulets. «Ils entendent H5N1 et partent en courant, sans s'attarder sur le reste du discours, s'alarme-t-il. Comment faire pour que les gens m'écoutent?»

Comme lui, Ramon Estévez pointe du doigt la médiatisation de la grippe aviaire, comme celle, jadis, de la vache folle. «Chaque année, on trouve des oiseaux morts. Il est fort possible que depuis longtemps, certains aient été infectés. Si on parlait moins de la maladie, le consommateur oublierait qu'elle existe.» Et de rappeler que le virus ne survit pas à la cuisson. «S'il y a danger, il se situe chez l'éleveur, pas dans la viande à l'étalage.»

Confiant, le détaillant des Halles table sur une peur passagère, un effet de mode. Marc Fournier aussi. Le prix abordable de la volaille l'incite à l'optimisme. «Le poisson est hors de prix, le veau et le bœuf sont chers, l'agneau est une viande typée.» Pour lui, pas de doute, le porte-monnaie des gourmets reprendra bientôt le pas sur leurs craintes.

http://www.tdg.ch/tghome/toute_l_info_test/l_evenement/commerce1__3_3_.html