Auteur Sujet: Fièvre jaune  (Lu 684 fois)

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Fièvre jaune
« le: 16 mars 2016 à 01:04:51 »
La fièvre jaune continue de faire des ravages en Angola. Au moins 250 personnes sont mortes de l’épidémie de fièvre jaune qui sévit en Angola depuis fin décembre et continue à s’étendre, selon des chiffres donnés par plusieurs autorités sanitaires.
«De samedi à lundi, le ministère de la Santé a enregistré 76 cas suspects et dix morts», a déclaré mardi à l’AFP la porte-parole du ministère de la Santé Adelaide de Carvalho, sans donner cependant de bilan global de l’épidémie.
Le 8 mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait comptabilisé 250 décès depuis fin décembre, alors que des voix critiques s’élèvent pour dénoncer l’état déplorable du système de santé et le manque de financement pour lutter contre la maladie en Angola.
Les chiffres officiels pourraient même être fortement sous-estimés, selon le directeur de l’hôpital pédiatrique de Luanda Mateus Campos, qui parle lui de «27 enfants morts (dans son établissement) dans la seule journée de lundi».

«Chaque jour, environ 900 patients se présentent à l’hôpital. Et les ressources humaines disponibles ne répondent pas à la forte demande», a poursuivi le Dr Campos.
La dernière épidémie en Angola remonte à 1986.
La capitale Luanda reste l’épicentre de l’épidémie, avec 9 des 10 décès officiellement enregistrés ces derniers jours.
«Il est plus facile d’acheter des voitures de luxe pour les directeurs que d’acheter de l’équipement hospitalier», a dénoncé pour sa part le docteur Maurilio Luyela, connu pour ses critiques à l’encontre de la politique de santé publique.
«Les médecins angolais qui sortent de l’université n’ont pas accès à la fonction publique parce qu’il n’y a pas d’argent pour les payer», a-t-il dénoncé devant des journalistes.
http://www.senenews.com/2016/03/15/angola-lepidemie-de-fievre-jaune-a-fait-au-moins-250-morts_150902.html
« Modifié: 31 mars 2017 à 20:48:44 par jsp »

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Re : Fièvre jaune au Brésil
« Réponse #1 le: 31 mars 2017 à 20:46:58 »
http://sante.lefigaro.fr/article/apres-zika-la-fievre-jaune-menace-le-bresil
Cantonné depuis plusieurs siècles à la forêt, le virus fait une percée à 150 km de Rio et a déjà tué 162 personnes.
Nichée entre forêt et océan Atlantique, Casimiro de Abreu est une petite ville parmi d’autres du littoral brésilien. Mais, le 11 mars, elle est devenue le centre du Brésil quand un père de famille de 38 ans, Watila Santos, y est mort. Emporté par la fièvre jaune, tandis que l’un de ses voisins était envoyé à l’hôpital et que quatre cas suspects étaient placés sous surveillance. Or Casimiro de Abreu n’est située qu’à quelque 150 km de Rio de Janeiro. Une bombe potentielle, si le virus venait à investir les territoires urbains surpeuplés.

Le virus fièvre jaune n’est pas un nouveau venu en Amérique du Sud: la traite négrière l’a amené d’Afrique en compagnie de son véhicule préféré, le moustique Aedes aegypti, et des épidémies meurtrières ont éclaté jusqu’à ce que «le Brésil éradique le moustique dans les années 1950, quand les produits chimiques fonctionnaient encore», raconte Anna-Bella Failloux, responsable du laboratoire Arbovirus et insectes vecteurs à l’Institut Pasteur de Paris. «Depuis, le virus était resté cantonné dans les forêts, avec une transmission entre des moustiques et des singes.» De temps à autre, un cas survenait chez l’homme. Mais cela restait des accidents isolés. «Contrairement aux singes africains, ceux d’Amérique du Sud meurent de la fièvre jaune, explique la pasteurienne. Les villageois savent que quand ils n’entendent plus les singes hurler, c’est que le virus est là…»

   
Mais pour des raisons que l’on peine à comprendre, le virus est sorti de la forêt et fait une percée inquiétante chez l’homme: le 24 mars, le ministère de la Santé brésilien décomptait 2104 cas notifiés de fièvre jaune, dont 492 biologiquement confirmés ; 162 personnes en sont mortes et 95 décès supplémentaires sont suspects. Sans compter les cas asymptomatiques. Et cela, dans des zones jusque-là exemptes de la maladie (Minas Gerais, Espirito Santo, États de Sao Paulo et Rio de Janeiro). Après la dengue, le West Nile, le chikungunya puis Zika, c’est donc au tour de la fièvre jaune d’effrayer le Brésil. Une maladie autrement redoutable: si l’on ne prend en compte que les cas et décès confirmés, la fièvre jaune tue au Brésil plus de 30% de ses victimes…

La situation pourrait devenir catastrophique si le virus investissait les villes, où la population n’est que peu vaccinée et Aedes aegypti très présent. L’équipe d’Anna-Bella Failloux s’est penchée sur la compétence du moustique tigre à véhiculer le virus: «Quand on infecte des Aedes aegypti en laboratoire, au bout de 15 jours 30 % sont capables de transmettre la souche brésilienne.» Les mêmes ne sont que 10 % à véhiculer Zika, qui s’est pourtant répandu comme traînée de poudre. «Chaque année le virus de la fièvre jaune se rapproche des villes, constate Anna-Bella Failloux. Il n’y a pas de raison qu’il ne finisse par y arriver.»

La situation brésilienne inquiète. Le 8 mars dans le New England Journal of Medicine, Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain pour les allergies et les maladies infectieuses, estimait «hautement improbable une épidémie  dans les États-Unis continentaux, où la densité de moustiques est faible». Mais il imaginait volontiers des cas importés lançant des transmissions locales, voire une épidémie dans des territoires comme Porto Rico. En France, le 10 février, le Haut Conseil à la santé publique jugeait le risque «réel» aux Antilles et à Mayotte, «faible mais ne pouvant être exclu» à La Réunion et «très faible mais ne pouvant être exclu» dans les départements de métropole où sévit Aedes albopictus, un «cousin» d’Aedes aegypti.

Risque de pénurie
Contre la fièvre jaune, aucun traitement n’existe. Seule solution pour maîtriser la flambée: vacciner la population, ce à quoi se sont attelées les autorités brésiliennes (lire ci-contre). Accessible dès 9 mois, le vaccin est très efficace (99% des vaccinés sont protégés 30 jours après l’injection). «Il faudrait le rendre obligatoire pour les voyageurs allant au Brésil, comme c’est le cas en Guyane», plaide Anna-Bella Failloux. Seul problème: le risque de pénurie. Quatre fabricants dans le monde sont capables de produire le vaccin selon les normes de l’OMS. Un groupe international de coordination chargé de constituer des provisions du vaccin avait peiné l’an dernier à répondre à une épidémie en Angola.

Autre écueil: même dans les zones où le risque est faible, les médecins doivent apprendre à reconnaître une fièvre jaune. D’autant que le tableau clinique est trompeur: après une période d’incubation de trois à six jours démarre une maladie fébrile peu spécifique. Mais après quelques heures ou jours de rémission, une phase toxique survient chez 15% à 20% des malades: la fièvre revient, associée à des hémorragies, des défaillances hépatiques et rénales, une jaunisse, des problèmes cardiologiques et neurologiques. La moitié de ces cas graves meurent en sept à dix jours. Les autres souffrent souvent de complications bactériennes.