Auteur Sujet: A PROPOS DU ZIKA  (Lu 2140 fois)

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A PROPOS DU ZIKA
« le: 02 février 2016 à 17:53:14 »
http://www.lemonde.fr/sante/article/2016/02/02/zika-dix-questions-sur-un-virus-qui-inquiete_4857580_1651302.html

Zika : dix questions sur un virus qui inquiète
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 02.02.2016 à 06h35 • Mis à jour le 02.02.2016 à 12h55 | Par Pascale Santi et Sandrine Cabut


Le moustique Aedes aegypti, responsable de la transmission du virus Zika qui a déjà touché 1,5 million de Brésiliens, en janvier 2016. FELIPE DANA/AP

L’inquiétude monte face au virus Zika. Se propageant de manière explosive, il est fortement soupçonné de causer des troubles neurologiques, le syndrome de Guillain-Barré, et des malformations congénitales, les microcéphalies.

Lundi 1er février, à l’issue d’une réunion d’experts, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété que l’épidémie constitue « une urgence de santé publique de portée mondiale ».

Transmis par des moustiques, comme la dengue ou le chikungunya, ce virus a déjà touché 1,5 million de personnes au Brésil, et 3 à 4 millions de cas sont attendus sur le continent américain en 2016. Des cas importés ont été identifiés en Europe, dont cinq en France métropolitaine.

 Accusée d’avoir réagi trop faiblement lors de l’épidémie d’Ebola, l’OMS a annoncé toute une série de recommandations pour mieux lutter contre cette nouvelle menace. L’une des priorités est d’accroître la surveillance des cas de syndromes de Guillain-Barré et des microcéphalies dans les zones touchées par le virus Zika, afin de déterminer si celui-ci est directement en cause, ou s’il existe d’autres facteurs.

 L’OMS prône également une intensification des recherches pour mettre au point des traitements, un vaccin et de nouveaux tests de diagnostic de cette infection. Aucune mesure de restriction des voyages et des échanges commerciaux n’est en revanche envisagée.
En dix questions, tour d’horizon sur un virus émergent qui pose de nouveaux défis.

D’où vient Zika, et jusqu’où ira-t-il ?

Le Zika est un arbovirus transmis par la piqûre de moustiques du genre Aedes (aegypti ou albopictus). De la famille des flavivirus, comme ceux de la dengue ou de la fièvre jaune, le Zika a été identifié pour la première fois chez un singe macaque rhésus dans une forêt ougandaise en 1947. Il a ensuite été isolé chez l’homme en 1952, en Ouganda et en Tanzanie.

La première épidémie s’est déclarée dans les îles Yap (Micronésie) en 2007, où elle aurait touché les trois quarts de la population. D’autres ont suivi, en Polynésie française d’octobre 2013 à avril 2014, et au Brésil, depuis mai 2015. Les premiers cas brésiliens ont été décrits dans deux articles publiés en mai et juin 2015. Depuis octobre 2015, le virus s’est propagé dans des pays d’Amérique centrale.

La Guyane et la Martinique sont à leur tour en phase épidémique. « C’est la troisième épidémie d’arbovirose après la dengue et le chikungunya, et probablement pas la dernière. La diffusion du Zika a été extrêmement rapide à l’échelle planétaire », souligne François Bourdillon, directeur général de l’Institut national de veille sanitaire (InVS).



 
Le recueil de données se poursuit pour affiner les modèles destinés à décrire l’évolution de l’épidémie et évaluer les moyens à mettre en œuvre pour la juguler et prendre en charge les malades. Mais, note Simon Cauchemez, spécialiste de la modélisation à l’Institut Pasteur, il faudra encore « quelques semaines » pour proposer des scénarios étayés.

Est-ce un virus mutant ?

C’est ce qui pourrait expliquer l’explosion récente des cas, selon des experts cités dans le New Scientist. L’hypothèse semble cependant peu probable aux yeux d’autres spécialistes interrogés.
 L’analyse du génome entier du virus Zika qui circule au Brésil montre une similitude « quasi complète » avec les souches à l’origine de l’épidémie qui a sévi en 2013 et 2014 dans le Pacifique, selon une étude parue dans The Lancet le 16 janvier, menée par les chercheurs de l’Institut Pasteur de Guyane.

Comment reconnaître la maladie ?

L’infection est asymptomatique dans les trois-quarts des cas. Les symptômes, quand ils existent, apparaissent trois à douze jours après la piqûre, sous forme d’éruption cutanée avec ou sans fièvre.
A cela peuvent s’ajouter fatigue, maux de tête et courbatures, laissant penser à un syndrome grippal. Le virus peut aussi se manifester par une conjonctivite, un œdème des mains ou des pieds.

Ces symptômes disparaissent généralement en deux à sept jours, précise l’OMS. A priori, l’infection est immunisante, ce qui signifie qu’on ne peut pas contracter deux fois ce virus. Zika et ses conséquences chez l’homme restent toutefois mal connus, concèdent les spécialistes.

Comment la détecter ?

Les gènes du virus peuvent être repérés par des analyses sanguines, d’urine ou de salive. Mais la fenêtre est courte. « Le virus est présent dans le sang entre trois à cinq jours, dans les urines pendant environ dix jours, dans la salive entre trois à cinq jours.
Il n’y a pas de données sur le lait maternel », explique Isabelle Leparc-Goffart, coordinatrice du Centre national des arbovirus (CNR-IRBA).
Ces chiffres sont issus de données publiées sur quelques cas. Le CNR devrait fournir prochainement des données plus précises.

En cas de résultat négatif malgré des symptômes évocateurs d’une infection à virus Zika, un diagnostic sérologique (recherche d’anticorps) est effectué par les seuls CNR (1 en Guyane et 1 en France métropolitaine, à Marseille, qui en a déjà réalisé plus de 1 000).

La circulation concomitante de la dengue et du chikungunya (proches du Zika) complique le diagnostic, tant clinique que biologique. Du fait de réactions sérologiques croisées entre ces virus, les résultats peuvent être faussement positifs.

Quels sont les risques pour une femme enceinte ?

C’est l’un des principaux sujets de préoccupation. Même si la preuve n’est pas encore formellement établie, il est désormais hautement probable qu’une infection par le virus Zika pendant la grossesse peut entraîner de graves anomalies du développement cérébral, comme les microcéphalies (trop petite taille du cerveau et du périmètre crânien, souvent associée à des lésions cérébrales). Les atteintes les plus sévères peuvent conduire à une mort in utero ou dans les premiers jours de vie.

Début 2016, parallèlement à la flambée épidémique du virus Zika, les autorités sanitaires locales du Brésil ont recensé plus de 4 000 cas suspects de microcéphalie, soit une multiplication par 20 à 30 par rapport aux années précédentes.

La microcéphalie est une malformation rare : aux Etats-Unis, 2 à 12 cas sont recensés pour 10 000 naissances vivantes, indique le centre de contrôle des maladies (CDC). Elle peut entraîner un handicap très lourd, avec des troubles psychomoteurs, moteurs, intellectuels, isolés ou associés.
« Les microcéphalies peuvent relever de plusieurs causes, notamment toxiques, génétiques ou infectieuses. Mais au Brésil, la corrélation de l’excès de cas avec l’épidémie d’infection à Zika, dans le temps et dans l’espace, est très suggestive d’un lien de cause à effet, souligne Jet de Valk, responsable de l’unité zoonoses et maladies à transmission vectorielle à l’InVS. Dans plusieurs cas, du virus Zika a été mis en évidence dans le liquide amniotique, ce qui est un argument supplémentaire. »

Des études sont en cours pour établir formellement le lien et répondre aux nombreuses questions en suspens. « Pour d’autres virus, comme le cytomégalovirus, le placenta joue un rôle de barrière. Une infection de la femme enceinte n’est donc pas toujours transmise à son fœtus.
 Il est établi que les atteintes pour l’enfant à naître dépendent du moment où le virus atteint le fœtus, explique le professeur Yves Ville, chef de la maternité de l’hôpital Necker (AP-HP), à Paris.
 Quand l’infection est précoce, au premier trimestre, c’est souvent la loi du tout ou rien : soit aucune lésion, soit une atteinte majeure, qui aboutit souvent à une fausse couche. Un passage plus tardif peut avoir des conséquences plus modestes (retard de croissance intra-utérin) et réversibles. Il en va sans doute de même pour Zika. »

Que faire pendant la grossesse ?

Le message est clair : en France, la ministre de la santé Marisol Touraine déconseille aux femmes enceintes de se rendre dans les zones touchées. Le Haut Conseil de santé publique (HCSP) a actualisé ses recommandations sur ce virus le 22 janvier. Celles-ci comprennent l’organisation « d’une information, d’un suivi et d’une prise en charge renforcés de toutes les femmes enceintes dans les zones d’épidémie du virus Zika, que ces femmes soient ou non suspectes d’infection par le virus Zika ». Le HCSP préconise aussi la mise en place « d’un système de surveillance et d’alerte spécifique à la détection d’anomalies congénitales neurologiques ou non ».

La microcéphalie peut être suspectée en échographie au deuxième trimestre de la grossesse, à partir de dix-huit à vingt semaines. Il existe un test diagnostique de l’infection fœtale par l’isolement du virus Zika dans le liquide amniotique après amniocentèse.

En Martinique, où les premiers cas autochtones de Zika ont été détectés en décembre 2015, six femmes enceintes infectées par le virus ont déjà été repérées, qui vont bénéficier de ce suivi renforcé, précise Martine Ledrans, responsable de la Cellule de l’InVS Antilles-Guyane.

Face aux nombreux appels de femmes enceintes revenant d’une zone épidémique, inquiètes pour leur futur enfant, Yves Ville a ouvert une consultation spécialisée Zika à Necker, le 1er février.

Quelles sont les autres complications de l’infection à virus Zika ?

La survenue d’un syndrome de Guillain-Barré (SGB) est l’autre motif de préoccupation. Dû à une atteinte des racines nerveuses, ce syndrome associe des douleurs – musculaires et sur des trajets de nerfs –, des troubles sensitifs (picotements…) et surtout des paralysies d’intensité variable.
 Après une phase d’extension et de plateau, qui peut durer plusieurs semaines, les signes disparaissent dans 80 % des cas. L’atteinte des muscles respiratoires est la plus redoutée : elle conduit à une assistance respiratoire chez environ 20 % des malades.

Le SGB est rare, sa prévalence est de l’ordre de 1 à 2 cas pour 100 000 personnes en Europe. Il est précédé dans plus de la moitié des cas par des symptômes infectieux, et de nombreux germes, bactéries ou virus, se trouvent à son origine : grippe, cytomégalovirus… C’est aussi une complication de certaines vaccinations. Des dizaines de cas de SGB possiblement liés à une infection par Zika sont en cours d’investigation.

« Aux Antilles, les Agences régionales de santé ont évalué les capacités des services de réanimation et les CHU se préparent pour faire face. Par exemple, en Martinique, une soixantaine de cas de syndrome de Guillain-Barré pourraient survenir, si l’on se fonde sur la fréquence des cas survenus en Polynésie », indique Jet de Valk.
Ces données, concernant 42 patients, ont été analysées par l’équipe du professeur Arnaud Fontanet (unité d’épidémiologie des maladies émergentes, Institut Pasteur) pour mieux caractériser les SGB liés au virus Zika. Les résultats devraient être publiés dans les prochaines semaines.

La transmission est-elle possible entre humains ?

« La transmission est presque exclusivement vectorielle », note le rapport du HCSP. Un cas de transmission par voie sexuelle a été rapporté dans la littérature. Six jours après son retour d’un voyage au Sénégal en 2008 pour des travaux sur le paludisme, le chercheur américain Brian Foy présente des signes cliniques préoccupants. Quatre jours plus tard, c’est au tour de son épouse, pourtant restée aux Etats-Unis. Tous deux sont infectés par le virus Zika.

 Une autre étude, publiée en février 2015, mentionne la présence du virus dans le sperme d’un homme de 44 ans vivant à Tahiti (Polynésie française), quinze jours après le début des symptômes.
Des arguments insuffisants, selon les autorités, pour prouver une transmission par contact sexuel.

Des cas d’infection lors de l’accouchement ont été également rapportés, sans conséquences notables pour la santé du nouveau-né. Quant à la transmission par transfusion sanguine, même si elle n’a jamais été mise en évidence, le risque ne peut être écarté, note l’HCSP. « L’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) met en place des mesures qui prennent en compte ce risque », dit Jet de Valk.

Des traitements ou vaccins sont-ils disponibles ?

Non. Dans une interview à l’agence Reuters, Gary Kobinger, un chercheur de l’université Laval (Québec) a indiqué qu’un vaccin contre le virus Zika pourrait être testé chez l’homme à partir de septembre, et mis à disposition avant la fin de l’année. Il s’agit d’un vaccin à ADN, issu d’une collaboration entre l’université de Pennsylvanie, le groupe pharmaceutique Inovio et le groupe sud-coréen GeneOne Life Science.

« Il n’y aura probablement pas de vaccin sûr et efficace contre le virus Zika avant plusieurs années », a toutefois déclaré Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des allergies et maladies infectieuses (Niaid). Le Niaid explore plusieurs approches, l’une avec un vaccin à ADN, fondé sur son expérience d’un vaccin pour le virus West Nile, une autre avec un virus atténué.

Dans un article, publié le 13 janvier dans le New England Journal of Medicine, Anthony Fauci souligne que la recherche d’un vaccin protégeant contre le Zika pourrait bénéficier des technologies utilisées pour d’autres flavivirus. De tels vaccins risquent cependant d’être confrontés aux mêmes écueils, poursuit le patron du Niaid. « Comme ces épidémies sont sporadiques et imprévisibles, une vaccination élargie en prévention d’une flambée serait d’un coût prohibitif avec un rapport coût/efficacité faible.

Quant à l’option de constituer des stocks, elle ne pourrait probablement pas permettre de répondre assez rapidement à une épidémie explosive. »

En l’absence de traitement, les recommandations sont d’éliminer les gîtes potentiels de moustiques (vider, nettoyer ou couvrir tous les contenants susceptibles de retenir l’eau, comme les seaux, les pots de fleurs, soucoupes ou pneus, afin d’éliminer les endroits où les moustiques peuvent se reproduire). Les habitants sont invités à privilégier les vêtements longs, clairs de préférence, et à utiliser des répulsifs et des moustiquaires.

« Les Martiniquais, qui connaissent bien ces moustiques et ont vécu une épidémie de chikungunya en 2014, savent ce qu’il faut faire pour empêcher leur prolifération. Mais il faut une prise de conscience des populations de la nécessité impérieuse de lutter contre les Aedes », martèle Martine Ledrans. D’autant que ces moustiques deviennent de plus en plus résistants aux insecticides.

La métropole doit-elle s’inquiéter ?

Pour l’heure, cinq cas importés ont été recensés, mais des transmissions autochtones sont actuellement exclues, le moustique tigre présent dans le sud de la France n’étant actif que de mai à novembre. Il est néanmoins possible que de petits foyers s’y déclarent, comme cela a été le cas pour le chikungunya et la dengue, soulignent plusieurs spécialistes.
 Mais une véritable épidémie leur semble peu probable car les concentrations de moustiques sont bien plus faibles en France que sous les tropiques, de même que les concentrations humaines.

  Sandrine Cabut
Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sante/article/2016/02/02/zika-dix-questions-sur-un-virus-qui-inquiete_4857580_1651302.html#xeIeuBZK9vF8ZQ3A.99

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Re : A PROPOS DU ZIKA
« Réponse #1 le: 07 mars 2016 à 20:44:23 »
http://www.jim.fr/medecin/actualites/
Publié le 07/03/2016

L’effet dévastateur du Zika sur des cellules neuronales progénitrices mis en évidence
 
Paris, le lundi 7 mars 2016 – A l’instar de ce qui avait été observé lors de l’épidémie d’Ebola, l’émergence du virus Zika a entraîné une très forte mobilisation dans les laboratoires du monde entier pour mieux comprendre et combattre cet agent infectieux.

Ainsi, les études destinées à confirmer ou à infirmer le lien entre le virus et différentes manifestations neurologiques se multiplient-elles. La dernière en date a été conduite par des chercheurs américains de l’Université John Hopkins, de l’Université d’Etat de Floride et de l’Université Emory à Atlanta et ont fait l’objet d’une publication sur le site de la revue Cell Stem Cell.

90 % de cellules infectées

Les chercheurs ont exposé des cellules humaines à des cellules de moustiques infectées par le virus Zika. Les cellules humaines avaient été obtenues grâce à la reprogrammation de cellules de peau d’un nouveau né et d’un adulte. Des cellules neuronales progénitrices ont ainsi été obtenues.

Des cellules souches et des neurones ont également été exposées. Trois jours après l’exposition, jusqu’à 90 % des cellules progénitrices avaient été infectées. Près de 30 % des cellules étaient mortes et la division cellulaire des survivantes était très altérée. On ne retrouvait pas de dommages similaires en ce qui concerne les cellules souches et les neurones.

Des résultats importants

Si ces résultats ne permettent pas de confirmer formellement que les microcéphalies recensées actuellement au Brésil et dans les autres pays touchés par le Zika sont liées au virus, ils indiquent de manière claire que « les cellules qui forment le cortex peuvent être sensibles au virus et que leur croissance peut être perturbée », explique le coordonateur de l’étude, Guo-li Ming, professeur de neurologie, neurosciences, psychiatrie et science du comportement.

 Cependant, cette expérience in vivo pourrait ne pas être un reflet parfait des mécanismes réels. « Le fait que les cellules souches dérivées d’iPS (cellules pluripluripotentes induites) ne soient pas d’authentiques cellules-souches neurales mais des cellules transformées » constitue notamment une limite, relève le professeur Fabrice Chrétien, responsable de l’équipe de recherche de l’unité Histopathologie humaine et modèles animaux à l’Institut Pasteur de Paris cité par le Monde.

Léa Crébat

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Re : A PROPOS DU ZIKA
« Réponse #2 le: 22 mars 2016 à 22:44:13 »
Période prépatente chez le moustique

Les scientifiques ont démontré que la transmission du virus n’était observée que 14 jours après la prise d’un repas de sang infectieux.

Une équipe multidisciplinaire de chercheurs vient de démontrer que le moustique Aedes serait peu compétent pour la transmission du virus Zika. L’étude a porté sur  la compétence vectorielle de sept populations d’Aedes aegypti et d’Aedes albopictus récoltées en Guadeloupe, en Guyane française, à la Martinique, au Brésil et aux Etats-Unis. Pour ce faire, les moustiques ont été infectés avec une souche du virus Zika de génotype asiatique comparable à celle qui circule actuellement en Amérique du Sud.  Les scientifiques ont ainsi démontré que la transmission du virus (capables d’infecter et de se disséminer au sein de ces moustiques) n’était observée que 14 jours après la prise d’un repas de sang infectieux. Cette période, nécessaire au virus pour parcourir l’ensemble du « trajet » dans le moustique jusqu’à leurs glandes salivaires, est donc relativement longue, comparée à celle observée pour le virus du chikungunya, qui est de l’ordre de 2-3 jours. Ainsi, plus que la compétence vectorielle des moustiques dans les zones concernées par l’épidémie, l’importante population humaine naïve sur le plan immunitaire pour ce nouveau virus vivant à proximité d’une forte densité de moustiques vecteurs pourrait plus probablement expliquer la diffusion rapide du virus Zika, expliquent les scientifiques.

Source : Institut Pasteur

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Re : A PROPOS DU ZIKA
« Réponse #3 le: 12 avril 2016 à 07:35:06 »
Le virus Zika est "plus inquiétant" que prévu, selon les Américains

Le virus Zika est "plus inquiétant" que ce qui avait été initialement envisagé, ont affirmé lundi plusieurs responsables des autorités sanitaires américaines demandant avec force au Congrès de débloquer des fonds supplémentaires pour la recherche.

L'administration Obama a demandé en février au Congrès, dominé par ses adversaires républicains, 1,9 milliard de dollars pour la recherche d'un vaccin et d'antiviraux contre cette épidémie.

Transmis par la piqûre des moustiques Aedes aegypti, présent en Amérique latine et dans les Caraïbes, le virus Zika est tenu pour responsable de nombreux cas de malformations congénitales chez les nourrissons, notamment la microcéphalie (malformation de la boîte crânienne) et de maladies neurologiques rares chez les adultes.

"Nous devons absolument être prêts. Tout ce que étudions sur ce virus semble être un peu plus inquiétant que ce que nous pensions initialement", a déclaré le Dr Anne Schuchat, directrice adjointe des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), lors du point de presse quotidien de la Maison Blanche.

"Nous continuons à apprendre chaque jour (sur le virus). Et la plupart de ce que nous apprenons n'est pas rassurant", a-t-elle poursuivi.

Insistant sur la nécessité de débloquer rapidement des fonds, le Dr. Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), a souligné l'étendue des recherches restant à mener sur "ce virus très étrange".

"J'ai dû prendre l'argent initialement dédié à d'autres recherches, nous ne pouvions attendre", a-t-il expliqué, tout en soulignant que cela restait "insuffisant". "Lorsque le président a demandé 1,9 milliard (de dollars), nous avions besoin de 1,9 milliard", a-t-il insisté.

L'archipel américain de Porto Rico, dans une situation économique très difficile, pourrait compter des centaines de milliers de personnes contaminées par le virus d'ici la fin de l'année, selon les autorités sanitaires américaines
http://www.lepoint.fr/monde/zika-pas-de-raison-de-paniquer-en-europe-et-aux-etats-unis-11-04-2016-2031489_24.php
Zazie, Marraine du Téléthon 2017

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Re : A PROPOS DU ZIKA
« Réponse #4 le: 12 avril 2016 à 07:36:34 »
Lutte contre la propagation du virus Zika : un piège à moustiques plus efficace, écologique et bon marché

Des scientifiques canadiens et mexicains ont mis au point à partir de vieux pneus usagés un piège bon marché, écologique et efficace pour collecter et détruire les oeufs de moustiques "aedes aegypti", vecteurs de nombreux virus comme le Zika ou la dengue.

Ce piège de conception canadienne, appelé "ovillanta," est fabriqué avec deux morceaux de 50 cm chacun d'un pneu de voiture usagé et a la forme d'une petite barque. Il est muni au fond d'une valve libérant un fluide non toxique à base de lait qui forme une petite mare artificielle sur laquelle flotte un morceau de bois ou de papier sur lequel les moustiques femelles viennent pondre.

Ce morceau est ramassé deux fois par semaine et analysé, et les oeufs sont détruits par incinération ou avec de l'éthanol. Le liquide contient aussi après le passage des insectes, des phéromones des moustiques femelles laissés pendant la ponte, qui incitent davantage d'insectes à venir déposer leurs oeufs sur cette petite mare artificielle. Cette solution est filtrée et remise dans le piège à chaque fois que les oeufs sont ramassés. Ce processus accroît les concentrations de phéromone, rendant l'ovillanta de plus en plus attrayant pour les moustiques.

Les chercheurs ont constaté que ces pièges fabriqués avec des matériaux d'un coût total de 3,50 dollars, étaient nettement plus efficaces que ne le sont ceux le plus souvent utilisés jusqu'alors. Cette étude publiée jeudi dans la revue "The Zika & Arbovirus Outbreaks channel", a duré dix mois au Guatemala, période durant laquelle l'équipe de recherche a collecté et détruit plus de 18.000 oeufs par mois avec 84 pièges ovillanta répartis dans sept quartiers de la ville de Sayaxche, qui compte 15.000 habitants. Ils ont donc éliminé près de sept fois plus d'oeufs de moustiques que les 2.700 récupérés mensuellement avec le même nombre de pièges standards dans cette même localité.

Fait notable, aucun nouveau cas de dengue n'a été signalé pendant l'étude avec les pièges ovillanta dans cette ville. Normalement cette agglomération compte 20 à 30 cas par an elle et n'avait pas alors encore connu d'infection par le Zika.

Nettoyer l'environnement

Ce nouveau piège coûte trois fois moins cher que les programmes visant à détruire les larves de moustiques dans les mares dans la nature, précise Gerardo Ulibarri de l'Université Laurentienne au Canada qui a mené ces travaux avec des chercheurs de l'Institut national mexicain de santé publique.

Les ovillantas ne coûtent aussi que 20% d'une campagne d'éradication des moustiques adultes avec des pesticides, produits qui sont en plus nuisibles pour les chauve-souris, les libellules et autres prédateurs de ces insectes, souligne-t-il.

Les moustiques aedes, qui sont également les principaux vecteurs des virus du chikungunya et de la fièvre jaune, se sont montrés très difficiles à contrôler autrement que par la destruction des oeufs, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). La résistance aux insecticides développée par ces moustiques, la diminution des ressources financières consacrées à leur éradication et un accroissement de l'environnement qui leur est propice, ont réduit l'efficacité des méthodes traditionnelles pour contrôler la rapide propagation de ces insectes, soulignent ces chercheurs dont le projet a été financé par le gouvernement canadien.

L'ovillanta a été conçu sur le modèle de pièges mis au point à l'Université Laurentienne pour éliminer des moustiques culex, porteurs du virus du Nil Occidental dans le nord de la province d'Ontario. Ces scientifiques expliquent avoir décidé d'utiliser de vieux pneus parce qu'ils comptent déjà pour 29% des endroits choisis par les moustiques aedes femelles pour pondre et aussi par le fait qu'ils sont une ressource abondante et universellement bon marché dans les pays en développement. Enfin, cela créé un nouveau moyen de les recycler et de nettoyer l'environnement.

Par ailleurs, les autorités américaines ont donné leur feu vert à un lâché expérimental de moustiques génétiquement modifiés en Floride, qui pourraient permettre de limiter la propagation du virus Zika. Cette mobilisation générale contre les moustiques vecteur du Zika vise à protéger les femmes enceintes chez qui ce virus est fortement soupçonné de provoquer de graves malformations du foetus.
http://www.lindependant.fr/2016/04/07/lutte-contre-la-propagation-du-virus-zika-un-piege-a-moustiques-plus-efficace-ecologique-et-bon-marche,2181710.php

Zazie, Marraine du Téléthon 2017

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Re : A PROPOS DU ZIKA
« Réponse #5 le: 19 avril 2016 à 13:28:54 »
Virus Zika: comment se protéger du moustique ?
DESTINATIONS A RISQUE - Le virus Zika transmis par le moustique tigre inquiète l'Organisation Mondiale de la Santé qui multiplie les messages de prévention. Les femmes enceintes sont invitées à reporter leurs séjours dans les destinations touchées par le virus.

Depuis le mois de février 2016, 23 pays du continent américain dont certaines destinations très touristiques comme la Martinique, la Guadeloupe ou la République dominicaine sont frappés par le virus Zika. Une infection véhiculée par le moustique tigre qui serait également sexuellement transmissible. Selon l'OMS, 3 à 4 millions de personnes supplémentaires pourraient être touchées dans la prochains mois.

Si dans 70% à 80% des cas, l'infection reste bénigne et se manifeste pas un état grippal, elle peut aussi déclencher des complications neurologiques graves comme le syndrome de Guillain-Barré. Les femmes enceintes doivent être particulièrement vigilantes puisque des cas avérés de microcéphalie du nourrisson ont été constatés. En République dominicaine, les autorités ont recommandé aux femmes de reporter leur projet de grossesse.

Quelles sont les destinations à risque ?
Les voyageurs qui se rendent au Brésil, en Colombie, au Mexique, en Guyane française mais aussi au Venezuela, au Guatemala ou au Nicaragua doivent être vigilants et impérativement se renseigner sur les risques encourus sur le site Internet du Ministère des Affaires étrangères. Attention, l'épidémie ne concerne pas que l'Amérique latine, en Thaïlande plusieurs cas d'infection ont été notés, comme au Cap-Vert.

Certaines compagnies aériennes ont annoncé accepter le report sans frais des billets d'avion des femmes enceintes et de leurs accompagnateurs. C'est le cas par exemple de TAM Airlines (qui proposent de nombreux vols vers le Brésil) ou d'Air Caraïbes.
Les destinations à risque - Cliquez pour zoomer © ECDC
Comment se protéger du virus Zika ?

Tous les voyageurs sont appelés à rester prudents et à s'équiper contre les piqûres de moustiques. Les premiers symptômes du virus zika sont similaires à ceux du chikungunya: fièvre, douleurs articulaires, céphalées, éruption cutanée. Ils interviennent entre 3 et 10 jours après la piqûre.

Oubliez tous les gadgets inutiles: applications mobiles qui repousseraient les moustiques, bracelets imprégnés de citronnelle et autres bougies parfumées.

Les vêtements doivent être imprégnés d'un produit anti-moustiques. Les produits contenant du DEET figurent parmi les plus efficaces mais ne sont pas accessibles partout en France. Par ailleurs, les répulsifs à base de DEET doivent impérativement être appliqués en plein air ou les fenêtres ouvertes. Les produits contenant du IR3535 sont également efficaces et moins agressifs. Veillez tout de même à respecter le mode d'emploi.

Le moustique tigre est diurne, il pique essentiellement au lever et au coucher du soleil. Pensez à porter des manches longues et des pantalons. Une moustiquaire est un moyen simple et efficace de se protéger pendant la nuit. En cas de fièvre, consultez un médecin.

http://www.linternaute.com/voyage/transports/1275748-virus-zika-comment-se-proteger-du-moustique/
Zazie, Marraine du Téléthon 2017

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Re : Moustiques Culex transmettant le Zika
« Réponse #6 le: 23 juillet 2016 à 18:04:25 »
Brazilian scientists identify common mosquito as a Zika source
 RIO DE JANEIRO (AP) -- Brazilian researchers said Thursday that they have found that another species of mosquito is able to transmit the Zika virus to humans.

Fiocruz institute said that additional studies will be needed to determine what role the widespread Culex quinquefasciatus mosquito has played in the Zika epidemic.

The research was done at Recife, a city in the Zika epicenter of northeastern Brazil where the Culex is 20 times more common than the Aedes aegypti mosquito. The researchers collected hundreds of the Culex from the city and found Zika in some.
The Aedes aegypti has been seen as the main spreader of Zika. Most of Brazil's anti-Zika initiatives are aimed at that bug, which also transmits dengue fever and Chikungunya.
A related mosquito, Aedes albopictus, has also been found to be capable of spreading Zika. But health officials say it has not been a significant source of Zika transmission.

The latest finding could complicate efforts to limit the Zika epidemic.

However, Fiocruz chairman Paulo Gadelha said he is still cautious about the findings since another study of Zika virus presence in Culex mosquitoes made in Rio de Janeiro has not indicated contamination so far. One of the possible reasons why is that Culex mosquitoes in Recife may have a genetic variation that makes them different from those in Rio or elsewhere, the institute said.

Other studies have suggested Culex may not be good at spreading Zika.
Zika has been identified as a cause of severe brain-related birth defects. It has spread rapidly in Brazil and other countries in Latin America and the Caribbean.

Culex quinquefasciatus is a medium-sized brown insect. It is found in the southern United States, where it is commonly known as the southern house mosquito. U.S. health officials say it has been found to transmit West Nile virus and St. Louis encephalitis virus.
Fiocruz researcher Constanca Ayres said at a news conference in Rio that the new study was the first to find evidence of Zika virus in Culex mosquitoes collected outdoors.

Ayres explained that almost 500 those collected mosquitoes, 85 percent being Culex, were fed with a mixture of blood and virus, which allowed researchers to follow the replication of the virus in the insect. The mosquitoes were then split into 80 pools with one to 10 mosquitoes, according to the regions where they were collected.

Three of those pools ended up showing contamination by the Zika virus, Ayres said.

More research will be needed to understand the impact of Culex in the spread of the virus, Ayres said.
http://mainichi.jp/english/articles/20160722/p2g/00m/0fe/025000c

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Re : A PROPOS DU ZIKA
« Réponse #7 le: 30 août 2016 à 21:33:27 »
http://www.ouest-france.fr/sante/virus-zika/zika-les-moustiques-femelles-le-transmettent-leurs-progenitures-4442003

Les moustiques femelles le transmettent à leur progéniture

Des chercheurs américains viennent de confirmer la transmission « verticale » du virus Zika, soit des moustiques femelles Aedes aegypti à leurs progénitures. Publiés ce lundi, ces travaux démontrent la nécessité de recourir à des larvicides pour combattre efficacement la propagation de l'infection.

Les moustiques femelles Aedes aegypti, principal vecteur du Zika, peuvent transmettre le virus à leurs oeufs et progénitures. Dans une étude publiée ce lundi dans l'American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, les équipe du Dr Robert Tesh de la faculté de médecine du Texas à Galveston (Etats-Unis) expliquent avoir injecté le Zika en laboratoire à des moustiques femelles pour déterminer si elles transmettaient le virus aux oeufs et larves. Bilan : la transmission s'est produite chez un moustique sur 290.

Bien qu'infime la probabilité d'une transmission « verticale » du virus « rend le contrôle plus difficile car les insecticides n'affectent que les moustiques adultes et épargnent souvent les oeufs et les larves », explique le Dr Robert Tesh. Et de ce fait, « l'usage des insecticides réduit la transmission mais pourrait ne pas éliminer le virus », ajoute-t-il, soulignant la nécessité de recourir à des larvicides pour combattre efficacement la propagation de l'infection.
Ratio faible mais grande probabilité
Et si « ce ratio peut paraître faible », si l'on considère le nombre de moustiques Aedes aegypti qui se trouvent dans les zones urbaines tropicales [surtout en Floride, dans le Golf du Mexique, en Arizona et en Californie, NDLR], il est probable qu'il apparaît comme une proportion suffisante pour permettre à Zika de persister « même quand une grande partie des moustiques adultes sont tués », juge encore le Dr Tesh.

A noter que ces moustiques sont aussi les vecteurs d'autres virus à leurs progénitures dont celui de la dengue et de la fièvre jaune, qui sont également transmis par les Aedes aegypti femelles.


Note jsp
Un moustique femelle Aedes aegypti peut pondre entre 100 et 200 œufs par ponte. Elle peut produire jusqu’à 5 pontes pendant sa durée de vie, qui va en général de deux semaines à un mois.
Elle pond ses œufs dans de l’eau qui stagne, souvent autour des habitations, dans des gouttières, des récipients, des pots, des trous d’arbre et des vieux pneus, par exemple. C’est pour cela qu’éliminer l’eau stagnante deux fois par semaine autour de votre foyer peut réduire les populations de moustiques.
Une fois les œufs éclos, les larves vivent à peu près quatre jours en se nourrissant des matières présentes dans l’eau, des algues par exemple. Les larves passent ensuite au stade de nymphes pendant deux jours, au cours desquels elles ne mangent pas. Elles en sortent à l’état de moustique adulte volant.
Les moustiques Aedes aegypti ne parcourent pas de grandes distances pendant leur durée de vie, probablement 400 mètres, voire moins.

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Re : A PROPOS DU ZIKA
« Réponse #8 le: 31 août 2016 à 23:02:31 »
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/08/30/25337-connaissances-sur-zika-progressent

Les connaissances sur Zika progressent
Par Pauline Fréour - le 30/08/2016

Transmission, traitement, lutte contre les moustiques… La mobilisation des chercheurs porte ses fruits.

Les leçons d'Ebola, précédente épidémie qualifiée d'urgence de santé publique de portée mondiale par l'OMS, ont semble-t-il été apprises.
Face au Zika, un virus causant des malformations congénitales et des troubles neurologiques qui circule actuellement dans au moins 58 pays, la mobilisation des chercheurs a été plus rapide, avec un partage de l'information scientifique sans précédent. Cette semaine a été particulièrement riche en découvertes.

Revue de détails.

Le moustique femelle passe le virus à sa descendance

L'essentiel des contaminations humaines ont pour origine la piqûre du moustique Aedes, et plus spécifiquement Aedes aegypti (Aedes albopictus ou «moustique tigre», présent en France métropolitaine, est un vecteur peu efficace du virus).
 Pour cette raison, et parce qu'il n'existe pas encore de vaccin ni de traitement contre Zika, les efforts pour enrayer l'épidémie reposent largement sur la destruction des insectes vecteurs.

Or des chercheurs ont montré lors d'expériences en laboratoire que les moustiques femelles peuvent transmettre le virus à leurs œufs, sur le modèle d'autres arbovirus (dengue, fièvre jaune).
 «Cela rend le contrôle plus difficile car les insecticides n'affectent que les moustiques adultes et épargnent souvent les œufs et les larves», explique le Dr Robert Tesh, de la faculté de médecine du Texas à Galveston, principal auteur de l'étude parue dans l'American Journal of Tropical Medicine and Hygiene.

Anna-Bella Failloux, responsable du laboratoire Arbovirus et insectes vecteurs à l'Institut Pasteur (Paris), est plus nuancée. «Cette découverte ne modifiera pas la lutte à mener», estime-t-elle. Et si le taux de transmission verticale est, dans le cadre de cette expérience sur Zika, relativement élevé (1 pour 290, contre 1 pour 1000 pour d'autres arbovirus), c'est en raison d'un biais propre à l'expérience en laboratoire. «Les chercheurs ont inoculé le virus dans le corps de l'insecte», souligne-t-elle.
 Mais dans les conditions du réel, le virus présent dans le sang humain ingéré par le moustique doit passer la barrière de l'estomac. «Une barrière limitante dont on s'affranchit ici», explique Anna-Bella Failloux.

Le virus persiste longtemps dans le sperme et le vagin

Si le Zika se transmet essentiellement par la piqûre de moustique, c'est aussi une infection sexuellement transmissible qui lève peu à peu ses secrets. Alors que le précédent record de présence du virus dans le sperme humain était de 3 mois, des médecins italiens ont trouvé des traces du pathogène chez un malade environ 6 mois (188 jours) après ses premiers symptômes. Cet homme ne souffrait d'aucune maladie chronique ou déficience immunitaire pouvant justifier pareil délai.

Une étude (Cell) conduite sur des souris enceintes a par ailleurs montré que le virus est capable de se dupliquer jusqu'à 5 jours dans le vagin. De là, il a contaminé les fœtus de certains rongeurs, atteignant leur cerveau (chez la femme enceinte, le Zika peut causer des malformations cérébrales sévères au fœtus). Des résultats qui restent à confirmer chez l'humain, mais les recommandations en termes de protection (préservatif, abstinence) semblent plus que jamais opportunes.




Deux nouvelles pistes de traitement

Afin de trouver un traitement contre le Zika, des chercheurs américains ont passé en revue les propriétés de 6000 molécules autorisées ou en cours d'essai clinique en les comparant aux mécanismes du virus. Ils ont tiré de cette enquête présentée dans Nature Medicine deux candidats intéressants: le niclosamide, un vermifuge utilisé depuis cinquante ans sans effets secondaires graves chez la femme enceinte, qui bloquerait la multiplication du virus, et l'emricasan, en test chez l'homme (phase 2) pour réduire les lésions du foie en cas d'hépatite C chronique, qui empêcherait la mort des cellules infectées.

Ces deux pistes nécessitent toutefois d'être testées sur l'animal avant d'être évaluées sur l'homme.

Les États-Unis s'arment, Singapour touché à son tour

Aux États-Unis, qui connaissent depuis le début du mois des foyers épidémiques en Floride, l'agence du médicament (FDA) a décidé vendredi dernier de tester les dons de sang de façon systématique dans tout le pays. Jusqu'à présent, seuls les dons de sang des zones les plus touchées par le virus devaient être testés. Vendredi, Barack Obama a une nouvelle fois exhorté le Congrès à dégager des fonds d'urgence pour lutter contre la «menace» Zika.

Sur le continent asiatique, c'est l'archipel de Singapour (7700 habitants au mètre carré) qui enregistre depuis quelques jours une expansion locale du virus. Hier, les autorités recensaient 82 cas autochotones (personnes ayant été contaminées dans le pays et non pas au cours d'un voyage).

 D'autres pays d'Asie du Sud-Est ont récemment rapporté des douzaines de contaminations locales : l'Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam. Mais les symptômes causés par Zika passant inaperçus chez plus des trois quarts des personnes contaminées, l'importance de la circulation du virus est certainement sous-évaluée, mettent en garde des experts.


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Re : A PROPOS DU ZIKA
« Réponse #9 le: 08 septembre 2016 à 17:51:08 »
abeilles victimes de la lutte anti-moustiques aux Etats-Unis
http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/09/03/aux-etats-unis-un-insecticide-anti-zika-a-tue-des-millions-d-abeilles_4992060_3244.html
 Des apiculteurs de Caroline du Sud, dans le sud-est des Etats-Unis, ont découvert cette semaine des millions d’abeilles mortes dans leurs exploitations. La cause : une campagne d’épandage aérien d’un pesticide controversé, afin d’éliminer les moustiques porteurs du virus Zika.

Apicultrice à Summerville, Juanita Stanley a trouvé des centaines de milliers d’abeilles mortes près de ses ruches de la Flowertown Bee Farm and Supplies, dont elle est copropriétaire.
« Notre petite entreprise familiale a été détruite par la pulvérisation aérienne », a-t-elle dénoncé dans un texte posté sur Facebook. Selon la chaîne locale WCSC, le groupe apicole a perdu 46 ruches et 2,5 millions d’abeilles depuis lundi 29 août. Une collecte de dons a ainsi été lancée sur Internet.
Un pesticide interdit par l’Union européenne
Le comté de Dorchester, en Caroline du Sud, a reconnu avoir ordonné l’épandage aérien d’insecticide tôt dimanche 28 août, après la détection deux jours plus tôt de quatre cas de personnes touchées par le virus Zika. L’insecticide employé est le Naled, un pesticide organophosphaté servant à la lutte antimoustique depuis des décennies.
L’Union européenne en a interdit l’utilisation en 2012 en raison des dangers qu’il présente pour la santé et l’environnement. Il peut ainsi se révéler également toxique pour les papillons, les poissons et autres organismes aquatiques.

« Modifié: 09 septembre 2016 à 20:49:36 par jsp »

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Re : A PROPOS DU ZIKA
« Réponse #10 le: 25 juin 2017 à 20:22:12 »