Auteur Sujet: mécanisme de lutte anti virale chez le neurone  (Lu 1207 fois)

Hors ligne anne

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mécanisme de lutte anti virale chez le neurone
« le: 03 février 2013 à 22:24:25 »
à un moment, j'avais trouvé des docs sur les toll like 3, et encéphalite herpétique.
la, on montre que contrairement à ce que l'on croyait, les neurones jouent un role dans la défense immunitaire du cerveau.
les neurones défaillants en TLR3 ne lancent pas la réponse immunitaire en interféron, face au virus hérpétique

http://pages.usherbrooke.ca/jrobin/#1.4

Contrairement à un paradigme communément accepté, les neurones possèdent un mécanisme intrinsèque de lutte contre les infections virales

On croyait que le cerveau ne disposait pas de système immunitaire en raison de la barrière dite hémato-encéphalique qu'on retrouve dans la paroi des vaisseaux sanguins qui alimentent l'organe. Cette barrière est telle que, seules, les petites molécules comme l'oxygène et les sucres peuvent la traverser. En conséquence, les lymphocytes, les soldats du système immunitaire, ne peuvent, eux, la traverser pour attaquer bactéries et virus. Ceci se comprend car, si les lymphocytes pénétraient dans le cerveau, ils pourraient, en raison de leur mode d'action, y provoquer des dommages irréparables en détruisant les neurones qui, contrairement à d'autres cellules, ne peuvent se se régénérer.

Par la suite, il avait été découvert que le cerveau possédait son propre système immunitaire, formé des cellules microgliales (le cerveau est composé de10% de neurones et de 90% de cellules microgliales) qui, exposées à certains composés bactériens, se comportaient comme des macrophages, produisant des radicaux oxygénés réactifs destructeurs des microbes. Ce mode d'action n'était pas destructeur des neurones à court terme, mais pouvait, s'il devenait chronique, avoir cet effet, contribuant ainsi au développement de dégénérescences nerveuses.

On le voit donc, on pensait que, de toutes façons, les neurones ne jouaient aucun rôle dans la défense immunitaire au sein du cerveau. Cette conception est maintenant remise en question par une équipe de recherche, en ce qui concerne une maladie virale -l'encéphalite herpétique - causée chez certaines personnes par le Virus Herpès 1 (HSV-1).

Les scientifiques savaient déjà par des travaux antérieurs que que certaines mutations augmentent le risque de développer l'encéphalite herpétique. Ces mutations altèrent la fonction d'un récepteur du système immunitaire - le récepteurToll-like 3 (TLR3), ce qui entraîne un déficit dans la production par l'organisme d'interférons de type I (IFN). Conséquemment, les chercheurs ont fait l'hypothèse que les dysfonctionnements associés à ces altérations génétiques devaient spécifiquement s'exprimer dans les cellules du système nerveux central (neurones).

Pour tester cette hypothèse, ils ont eu recours à la technique de reprogrammation cellulaire récemment nobélisée. Les chercheurs ont utilisé des cellules de peau prélevées à des patients présentant des défauts génétiques associés au risque d'encéphalite herpétique. Ils les ont reprogrammées en cellules souches pluripotentes induites, c'est-à-dire en cellules semblables à des cellules embryonnaires. Ils les ont ensuite conduites à se transformer en cellules matures du système nerveux central (neurones). Cette stratégie leur a permis d'obtenir un panel des différents types de cellules qui constituent le système nerveux central, présentant toutes un défaut génétique associé au risque d'encéphalite herpétique.

Par la suite, les investigateurs ont exposé ces cellules au virus HSV-1 et à des ARN synthétiques double brin, qui, comme ceux normalement produits par le virus, ont la propriété de stimuler les récepteurs toll-like et de déclencher leur action. La mesure subséquente des taux d'interférons produits par les neurones mutés a alors montré que ceux-ci étaient incapables de produire l'interféron et donc étaient incapables de combattre l'infection.

Ces résultats prouvent que, chez la plupart des individus, les cellules neuronales doivent être normalement capables de réguler activement la réponse immunitaire médiée par l'interféron. Par contre, chez ceux qui sont porteurs des mutations susdécrites, le risque d'encéphalite herpétique est associé à un défaut de synthèse de la molécule protectrice. On peut en déduire qu'il doit être envisageable de compenser ce défaut grâce à un traitement à base d'interféron-alpha. La sécurité et l'efficacité de ce traitement devront toutefois faire l'objet d'études complémentaires

Les chercheurs vont maintenant investiguer si le même phénomène est également présent dans d'autres maladies virales du cerveau.

Référence - Fabien G. Lafaille, … and Luigi D. Notarangelo. Impaired intrinsic immunity to HSV-1 in human iPSC-derived TLR3-deficient CNS cells. Nature, 2012; DOI: 10.1038/nature11583

Hors ligne Joyce31

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Re : mécanisme de lutte anti virale chez le neurone
« Réponse #1 le: 05 février 2013 à 16:34:44 »
moi, je dis que c'est une sacrée découverte !!!!!

merci Anne!

Hors ligne anne

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Re : mécanisme de lutte anti virale chez le neurone
« Réponse #2 le: 05 février 2013 à 18:40:30 »
oui, joyce, c'est assez incroyable.
nos bons neurones, censés ne faire que du transport d'electricité ( signaux etc.... )
s'occupent aussi de la défense immunitaire