Auteur Sujet: la peste au présent  (Lu 2512 fois)

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la peste au présent
« le: 14 novembre 2012 à 11:59:37 »
http://www.lavie.fr/chroniques/matinale-chretienne/syrie-cas-de-peste-a-homs-14-11-2012-33226_167.php
 Dans la ville martyre de Homs, un groupe d'une vingtaine de réfugiés chrétiens qui s'abritent au couvent des Jésuites ont signalé plusieurs cas de peste bubonique. "Les cadavres demeurés sous les ruines, la poussière et la saleté, les animaux errants, ont en effet produit des infections visibles sur les animaux et sur les hommes, introduisant un fort risque d’une épidémie de peste dans la ville", rapporte l'agence Fides, citant un pharmacien chrétien qui persiste à rester sur place malgré le danger.

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Re : la peste au présent
« Réponse #1 le: 04 novembre 2013 à 20:34:52 »
http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/11/03/la-peste-une-maladie-reemergente-medecine/
C'est la grande maladie des livres d'histoire et, pour cette raison, on la considère comme une maladie du passé. A tort, car la peste, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, tue toujours. Certes, la planète ne subit plus ces monstrueuses vagues mortelles comme la peste dite de Justinien au VIe siècle, la célèbre peste noire du XIVe siècle qui ravagea l'Europe et fit plusieurs dizaines de millions de victimes, ou la troisième grande épidémie, aussi connue sous le nom de peste de Chine, qui frappa essentiellement l'Asie de 1894 à 1920 et au cours de laquelle Alexandre Yersin découvrit le bacille responsable de la maladie, qui porte aujourd'hui son nom – Yersinia pestis. Certes les progrès de l'hygiène, les antibiotiques, la vaccination et les campagnes de dératisation (la bactérie est principalement transportée par des rongeurs et transmise par les puces qui les infestent) l'ont fait beaucoup reculer. Mais, contrairement à la variole, la peste est loin d'être éradiquée – il y a d'ailleurs peu de chances qu'elle le soit un jour tant son "réservoir" animal s'avère vaste – et l'actualité vient régulièrement nous le rappeler. RFI a ainsi diffusé il y a quelques jours un reportage sur les mesures de prévention prises à Madagascar, un des pays où la maladie reste endémique.

Dans une étude publiée récemment par The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, le chercheur américain Thomas Butler analyse les données mondiales recueillies sur la peste entre 2000 et 2009. Madagascar figure ainsi au deuxième rang des pays les plus touchés, avec un total de 7 182 cas. La Grande Ile n'est devancée que par la République démocratique du Congo (10 581 cas) où la guerre civile, les déplacements de population et la détérioration des conditions de vie ont probablement favorisé de plus amples contacts entre humains et rongeurs. A la troisième place figure la Zambie, avec 1 309 cas. Au total, sur les dix années retenues, 21 725 cas ont été recensés et 1 612 personnes sont mortes de la peste. Ce nombre est probablement un minimum car tous les décès dus à la maladie ne lui sont pas forcément attribués en l'absence d'analyses. Les pays africains représentent plus de 97 % des infections sur la période. Ceci dit, parmi la douzaine de pays qui ont déclaré au moins 40 malades au cours de ces dix années, on trouve la Chine à la 7e place (227 cas) et... les Etats-Unis à la 11e place avec 57 cas.

L'article de Thomas Butler montre que la peste n'a pas fini de nous surprendre par les voies qu'elle emprunte. Au cours de cette décennie 2000-2009, on a bien sûr des exemples classiques de contamination comme cela a été le cas en 2005 et 2006 dans des mines d'or et de diamants en République démocratique du Congo (plus de 100 morts) ou comme on le constate tous les ans à Madagascar. Mais on a aussi des exemples plus exotiques, comme celui de cette contamination par voie alimentaire en Afghanistan en 2007 : 83 personnes ont été malades après avoir mangé de la viande de chameau infectée et 17 d'entre elles en sont mortes.

Enfin, il y a des anecdotes encore plus étonnantes, comme ces deux cas de chercheurs américains qui ont succombé à la maladie en 2007 et en 2009. Le premier était biologiste et travaillait dans le parc national de Grand Canyon en Arizona. Après avoir retrouvé le cadavre d'un puma doté d'un radio-émetteur, il a décidé d'en pratiquer l'autopsie pour déterminer les causes de la mort. Pensant que l'animal avait été tué lors d'un combat avec un autre puma, il n'a pas pris la précaution de mettre des gants ou un masque. Une semaine plus tard, après avoir été pris de fièvre, l'homme était mort. Le second cas est encore plus extraordinaire, lequel met en scène un généticien qui manipulait fréquemment une souche de la peste dont la virulence avait été génétiquement atténuée par suppression d'une molécule dont la mission est de capter le fer dont la bactérie a besoin. En temps normal, jamais celle-ci n'aurait pu tuer quelqu'un. Mais ce chercheur n'était pas un cas normal, car il était porteur d'une anomalie génétique conférant aux tissus de son organisme une surcharge en fer, ce qui a "compensé" le handicap du bacille ! Hospitalisé d'urgence, l'homme n'a pu être sauvé.

En France, le dernier cas de peste date de 1945 mais cela ne signifie pas forcément grand chose. L'Algérie avait été épargnée depuis 1946, ce qui n'a pas empêché une résurgence de la maladie en 2003. Même si l'Europe n'est actuellement pas touchée, une étude de 2008 a noté qu'au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, le nombre de pays où la peste sévissait n'avait cessé d'augmenter. Au point que l'on peut se demander si cette pathologie ne doit pas être considérée comme une maladie ré-émergente, ce d'autant que bien des conditions favorables au bacille pesteux et à sa diffusion sont réunies : l'augmentation des températures globales dont on sait qu'elle peut augmenter la prévalence de la bactérie chez les rongeurs, la mondialisation des échanges avec des moyens de transport toujours plus rapides et nombreux, l'apparition de résistances multiples aux antibiotiques chez Yersinia pestis, un vaccin plus guère utilisé qui n'a pas encore trouvé de successeur... Par ailleurs, plusieurs auteurs soulignent la grande plasticité du génome de la bactérie, ce qui lui donne la capacité de s'adapter aisément aux modifications de son écosystème, fréquentes sur notre planète désormais.

Enfin, il ne faut pas oublier que l'homme aussi peut se servir de la peste. Le temps n'est pas si lointain où les Etats-Unis et l'Union soviétique imaginaient la bactérie comme une arme biologique. Et ils n'étaient probablement pas les seuls. Une étude de 2006 sur le bioterrorisme rappelle que, selon un scénario envisagé par l'OMS, si l'on vaporisait au-dessus d'une ville de 5 millions d'habitants, 50 kg de bacilles préparés sous forme d'aérosols, jusqu'à 150 000 personnes pourraient être contaminées et 36 000 d'entre elles mourraient. Sans compter les effets d'une panique monstrueuse ni le fait que de nombreux habitants, prenant la fuite, risqueraient de se transformer en autant de vecteurs de la maladie...

Hors ligne anne

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Re : la peste au présent
« Réponse #2 le: 04 novembre 2013 à 23:27:12 »
oui..
étonnant... quand j'ai découvert que la peste existait toujours, il y a quelques années ,j'ai fait un bond !
espérons que le bacille restera sensible aux antibio, sinon, on est plutot " mal".

le chercheur américain mort de la peste avait une hémochromatose : maladie de surcharge du sang en fer.
cette maladie assez évoluée dans son cas, l'avait rendu diabétique ( mauvaise défense aux infections )
Fer :
 le bacille rendu génétiquement incapable de "piocher" le fer dans un organisme ( souche parfaitement inoffensive d'ordinaire ) a trouvé chez cet homme beaucoup de fer,.. tellement que malgré sa déficience,il a pu survivre et se multiplier.


Hors ligne anne

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Re : la peste au présent
« Réponse #3 le: 22 février 2014 à 10:29:39 »
peste madagascar 2013
sur un pdf.
je ne peux pas le recopier
170 cas buboniques
115 pulmonaire
25% de décés  ( avec réaction sanitaire et antibio )

page 2 :
http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Madagascar_Bulletin_humanitaire_n%C2%B02_Novembre_2013_Janvier_2014_0.pdf

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Re : la peste au présent
« Réponse #4 le: 22 février 2014 à 13:22:49 »
Un  début de  saison épidémique très agité     du pdf sur Madagascar (merci Anne)
Tous les ans,  entre 300  à  1.200  cas suspects de peste  sont notifiés principalement
dans  les  régions  des  hautes  terres  du  centre  du  pays.  Le  pays  a  connu  depuis
octobre 2013 une saison pesteuse plus agitée. Le début de la saison pesteuse a été
surtout  marqué  par  l’éclosion  de  cas  de  peste  pulmonaire  meurtrière  dans  deux
districts  (Mandritsara  et  Ikongo).  Ces  deux  districts  ont  été  peu  touchés  ces
dernières années, mais ils sont  caractérisés par un enclavement important ainsi que
par  une  faible  couverture  sanitaire,  ce  qui  explique  l’apparition  de  la  forme
pulmonaire très contagieuse.
L’épidémie  enregistrée  à  Mandritsara  s’est  étendue,  toujours  sous  forme
pulmonaire,  au  district  voisin  de  Soanierana  Ivongo,  zone  traditionnellement
indemne de transmission de peste bubonique, et qui  a connu  pour la toute  première
fois la peste, en plus sous sa forme la plus virulente. Au total, 109 cas de peste, dont
97%  de  forme  pulmonaire, ont été répertoriés après  une  investigation  menée dans
les  trois districts  touchés, parmi lesquels  on a enregistré  38  décès.  Ces trois foyers
d’épidémie  sont  actuellement  totalement  maîtrisés  et  endigués,  les  derniers  cas
datent du 16 décembre 2013 pour les foyers primaires de Mandritsara et d’Ikongo, et
du 23 décembre pour le foyer secondaire de Soanierana Ivongo.
Cependant,  d’autres  foyers  de  peste  bubonique  -  moins  dangereuse  que  la  peste
pulmonaire  -  sont  apparus  depuis  octobre  dans  les  zones  principales  d’endémie
pesteuse situées sur les hautes terres du centre du pays (régions d’Amoron’i Mania,
d’Analamanga, de Bongolava et du Vakinankaratra).
Au total, 10 régions, qui correspondent à 27 districts sanitaires, ont notifié l’existence
de 285 cas suspects ou confirmés de peste au cours du dernier trimestre de l’année
2013,  dont 71  cas de  décès. 40% de ces  285  cas étaient de forme pulmonaire, soit
trois  fois  plus  que  pour  l’année  2012.  Il  faut  toutefois  préciser  que  parmi  ces  285 cas,  155  -  dont  34  décès  -  ont  été  effectivement  confirmés  par  test  rapide  ou  au laboratoire.  Tous  ces  foyers,  qui  sont  situés  en  zone  rurale,  ont  été  rapidement maîtrisés par les équipes  sanitaires  du Ministère  de  la  Santé  et  de ses  partenaires techniques  tels  que l’Organisation  mondiale de la santé (OMS),  l’Institut  Pasteur de Madagascar  (IPM)  et  la  Croix-Rouge malagasy.  Au  début  de  2014,  un  nouveau foyer est apparu dans le district d’Antanifotsy avec six cas de peste bubonique, mais ont tous été pris en charge correctement et guéris.

Hors ligne jsp

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Re : Peste au Nouveau-Mexique
« Réponse #5 le: 03 juillet 2017 à 20:49:47 »
3 cas de peste, ayant conduit à l'hospitalisation , mais les patients ont pu être soignés
https://www.livescience.com/59632-plague-new-mexico.html
Three people in New Mexico have been infected with plague this month, which is close to the number of plague cases that the state saw in all of 2016, according to health officials.
This week, the New Mexico Department of Health (NMDOH) reported two cases of plague — one in a 52-year-old woman and one in a 62-year-old woman, both living in Santa Fe County, in the northern part of the state. Earlier in June, the state reported a case of plague in a 63-year-old man, also living in Santa Fe County. All three people were hospitalized, but all of them survived, NMDOH officials said.
In 2016, New Mexico reported four cases of plague over the entire year, and in 2015, the state also reported four plague cases.

The plague, which is caused by a type of bacteria called Yersinia pestis, is perhaps best known for killing millions of people in Europe in the 1300s, in a pandemic called the Black Death. Today, the infection is relatively rare in the United States, with an average of seven plague cases reported yearly in the U.S. between 1970 and 2012, according to the Centers for Disease Control and Prevention. In 2015, there was an unusually high number of plague cases in the United States — 16 in total, according to the CDC.

The U.S. cases occur mostly in the Southwest, particularly in New Mexico, Arizona and Colorado. In fact, typically, half of all U.S. plague cases occur in New Mexico, NMDOH officials said. Most cases occur between early spring and late fall, according to the CDC.

Plague is carried by rodents and their fleas, and most often, the disease is transmitted to humans through fleabites. Symptoms of plague include sudden fever, chills, headache and weakness. (However, these symptoms can be caused by many other conditions.) People also may experience painful swelling in the groin, armpit or neck areas.

Without treatment, plague causes death in about 60 to 90 percent of cases, according to a recent paper from the CDC. However, with the antibiotic treatments available today, the death rate has dropped to about 16 percent.

NMDOH workers are now investigating the environment around the plague patients' homes, to look for possible risk factors for plague and to ensure the safety of the neighbors and family in the area.
To prevent plague, the CDC recommends reducing rodent habitats around your home, wearing insect repellent if you think you could be exposed to rodent fleas while outdoors, and keeping fleas off your pets by using flea control products.