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crise grecque et santé

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anne:
deux articles sur la gréce, qui sortent du lot..
j'avais cru comprendre en lisant la presse francaise que les gens ne se soignaient plus, faute d'argent : cela est un peu plus compliqué que cela..
il y a aussi en fait un manque d'accés aux soins ( ils pourraient se payer les soins à la rigueur, mais un systéme a été institué qui impose le passage chez le médecin généraliste  free of charge.. )
ensuite, les hopitaux, ont une réduction importante de budget et de personnel...



SANTÉ PUBLIQUE: La crise financière, une tragédie grecque


http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-santeacute-publique-la-crise-financiegravere-une-trageacutedie-grecque-_6527_lirelasuite.htm#lirelasuite

The Lancet

Ce bilan, publié dans le Lancet par le sociologue David Stuckler de l’University of Cambridge, se penche sur l’une des conséquences de la crise financière et pas des moindres, la santé, sur un terrain d’étude particulièrement touché, la Grèce. Cet article décrit ainsi les conséquences sanitaires, à la lumière de 4 années de récession, de baisse de revenus et de dégradation des conditions de vie. Au-delà, ce bilan apporte des informations généralisables, au fil de l’évolution économique, à toute l'Union Européenne, avertissent les auteurs.

Les auteurs de Cambridge, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine et de la London School of Economics and Political Science (Londres) et de l’Université de Californie rappellent une situation dégradée en Grèce, plus que nulle part ailleurs en Europe, avec un taux de chômage de 16,6% (mai 2011) dont 40,1% chez les jeunes, une dette à hauteur de 142,8% du PIB et un emprunt de 110 milliards d’euros au FMI.

Le report de soins, une tendance grandissante (Schéma ci-contre): Depuis 2007, les chercheurs travaillent sur les données de 12.346 et 15.045 participants recrutés en Grèce en 2007 et 2009, respectivement. Et depuis 2007, les auteurs constatent une augmentation significative de personnes déclarant ne pas pouvoir aller chez un médecin ou chez le dentiste même si nécessaire (OR: 1,15, IC : 95% de 1,02 -1,30 pour le médecin et OR: 1.14, de 1.01 à 1,28 pour le dentiste). Les principales raisons évoquées sont la longueur des délais d'attente (OR : 1,83), l’éloignement (OR : 2,50), « attendre de se sentir mieux » (OR : 1,93), plus que les difficultés économiques (déclarées) (OR : 0,87).

 

Le système de santé, le premier touché: Le système de santé grec doit permettre aux citoyens assurés sociaux de consulter un médecin généraliste gratuitement et de consulter à l’hôpital pour0 à 5€, et ces réductions d’accès aux soins résultent principalement d’une dégradation du système de soins lui-même, liée à une réduction des dépenses de santé de 40% avec les sous-effectifs, les pénuries de médicaments et de dispositifs médicaux qui vont avec et les « pots de vin donnés au personnel médical » pour passer avant dans des hôpitaux débordés. Car les hôpitaux publics sont débordés, avec une augmentation des admissions de 24% en 2010 vs 2009, alors que les cliniques privées sont délaissées avec une baisse des admissions de 25 à 30%.

Les groupes vulnérables, les premiers touchés:

·         La prévalence des personnes déclarant que leur santé est «mauvaise» ou «très mauvaise» augmente (OR: 1,14). Les suicides sont en hausse de 17% en 2009vs 2007.

·         25% des personnes faisant des tentatives de suicide l’expliquent par leur incapacité de rembourser des dettes personnelles.

·         Les taux d'homicide et de vol ont presque doublé entre 2007 et 2009.

·         Une augmentation significative des infections est constatée depuis fin 2010 (+52% en 2011 vs 2010), la moitié de cette augmentation étant concentrée chez des usagers drogues intraveineuses. Ainsi, la prévalence de l'usage d'héroïne aurait progressé de 20% en 2009 vs 2008.

·         Une grande partie des nouvelles infections à VIH est liée  à une augmentation de la prostitution

·         L'utilisation des « cliniques de rue » gérées en Grèce par des ONG est en pleine explosion. 30% des Grecs y auraient aujourd’hui recours vs 4% avant la crise.

La crise a quelques rares avantages sanitaires, liés à la réduction du niveau de vie, tels que la baisse de la consommation d’alcool, par exemple.

Les gens ordinaires paient le prix ultime: Mais les auteurs dénoncent une situation sanitaire extrêmement préoccupante. Ils rappellent que dans cet effort pour réduire la dette, ce sont « les gens ordinaires qui paient le prix ultime », qui perdent l'accès aux soins et aux services de prévention, font face à des risques plus élevés de VIH et de maladies sexuellement transmissibles et voient leur risque de décès augmenté.

Le même sociologue avait publié dans le même Lancet, en juillet dernier, un état des lieux sanitaire et un bilan de la manière dont la crise financière avait affecté les schémas de mortalité en Europe. Ces précédentes données montraient des augmentations des taux de suicide entre 2007 et 2009 dans la plupart des pays, premiers révélateurs de la rapidité des conséquences sanitaires de la crise financière ...


http://www.docbuzz.fr/2011/10/11/123-face-a-la-crise-la-sante-chancelle-en-grece/

extrait, mais lire l'article en entier

De nombreux laboratoires pharmaceutiques ont décidé de suspendre leurs livraisons de médicaments aux hôpitaux grecs, suite à l’absence de payement des factures depuis plusieurs années.  Severin Schwan, PDG du groupe Suisse Roche a fait savoir au cours d’une interview au Wall Street Journal, que son laboratoire a par exemple cessé de fournir en anticancéreux plusieurs hôpitaux publiques grecs. La même décision risque d’être prise en Espagne. S’ils veulent être soigner, les patients atteints d’un cancer doivent donc payer les médicaments de leur poche. Le laboratoire Novo Nordisk a cessé de livrer certains types d’insuline et en juin dernier, et le laboratoire Leo Pharma a arrêté de distribuer deux de ses médicaments (un anticoagulant et un traitement contre le psoriasis). Le montant total de la dette des hôpitaux grecs est estimée à 8 milliards d’euros.

Il est donc évident que la santé de grecs va souffrir des restrictions économiques et des mauvaises gestions antérieures. Une altération de la santé du peuple grec liée à la crise, c’est d’ailleurs ce que montre un article du Lancet publié cette semaine.

En Grèce, depuis le début de la crise en 2007, le chômage a explosé, passant de 6,6% en mai 2008 à 16,6% en mai 2011 : 40% des plus jeunes sont au chômage, 8% des emplois industriels ont été détruits et la dette du pays atteint 142% du PIB.

La proportion des grecs renonçant à aller chez le médecin a augmenté de 15%, et de 14% pour les soins dentaires ; la raison principale n’est pas une impossibilité de financer ces soins mais l’allongement des files d’attentes. Depuis qu’il est obligatoire pour les patients bénéficiant du système de santé publique de passer d’abord par un médecin généraliste en payant entre 0 et 5 euros la consultation, avant d’être mis sur une liste d’attente pour bénéficier de soins, l’accès à ces soins a été réduit, reflétant une réduction des capacités des hôpitaux : Les budgets hospitaliers ont été réduits de 40%, les personnels hospitaliers manquent, des ruptures de stock de médicaments sont constatés.
Et alors que la capacité de consulter un médecin généraliste a été considérablement réduite, le nombre d’hospitalisations a augmenté de 24% entre 2009 et 2010, avec une hausse de 8% pour le seul premier trimestre de l’année 2011. Dans le même temps, les hospitalisations dans les hôpitaux privés ont chuté de 25 à 30%.

anne:
je n'ai pas tout compris à vrai dire..

il nous manque le taux de généralistes grecs, leur mode de fonctionnement etc..

FREDE:

Ici  aussi, il faut "glaner" comme dit Anne, c'est un puzzle...En voici un tout petit bout:
 :)
Eco-Santé OCDE 2009 – comparaison des statistiques de santé des pays de l’OCDE

http://www.oecd.org/document/57/0,3746,fr_21571361_44315115_43221177_1_1_1_1,00.html
 Extrait:
"Même si les soins primaires dispensés par les généralistes sont un moyen économique de promouvoir une bonne santé, le nombre de spécialistes a progressé de 60 % entre 1990 et 2007, contre 23 % pour les généralistes. En moyenne, il y a aujourd’hui deux spécialistes pour un généraliste, et le chiffre est encore plus élevé en Europe centrale et orientale et en Grèce"...

FREDE:
Et un autre petit bout:

http://www.info-grece.com/modules.php?name=FAQ&id_cat=7

Extrait:

Quelle est l'organisation du système de Santé grec ?

Le système de santé grec est organisé autour de différents pôles :

- les hôpitaux:
 il en existe plusieurs catégories: hôpital d'Etat, hôpital régional, hôpital universitaire, hôpital de la Croix Rouge, etc., mais pour la plupart, ils assurent une consultation généraliste.

Le service d'urgence est tournant en dehors des horaires de la journée. Appel au Centre National d'Urgences (166)

 - les Centres de Santé :
 petites unités polyvalentes, les Centres de Santé assurent une première consultation à l'échelle cantonale [ éparchia ]

 - les dispensaires de Sécurité Sociale:
 (ensemble de médecins généralistes et/ou spécialistes en général réservés aux adhérents de la branche professionnelle de la Caisse).

 - le médecin agricole
 on le trouve généralement à la campagne assurant la médecine généraliste d'un ensemble de villages.

 - La médecine libérale (généraliste ou spécialiste).

 - Les cliniques privées.

anne:
merci frede..
si les généralistes " disparaissent" ou sont moins nombreux que les spécialistes : alors probléme.

si j'ai le temps, j'essaye de chercher quelques chiffres ( peut etre sur l'OMS ? )...

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