Auteur Sujet: france : prix Nobel pour découverte de l'immunité Innée  (Lu 1406 fois)

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france : prix Nobel pour découverte de l'immunité Innée
« le: 03 octobre 2011 à 11:45:23 »
et YES... pour cette super découverte et le " labos" de strasbourg.
pour la petite histoire:
 j'avais  souri une fois en voyant qu'une des proteines mise en jeu dans l'immunité innée s'appelle  " spätzele." ( nom d'une nouille alsacienne )... Hoffman était probablement passé par la.. :)



Le Nobel de Médecine attribué à Beutler, Hoffmann et Steinmann

LEMONDE.FR avec AFP | 03.10.11 | 12h03   •  Mis à jour le 03.10.11 | 12h35
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Les trois lauréats du prix Nobel de médecine.

Les trois lauréats du prix Nobel de médecine.AFP/JONATHAN NACKSTRAND

Le prix Nobel de médecine 2011 a été décerné à l'Américain Bruce Beutler, au Français Jules Hoffmann et au Canadien Ralph Steinman, a annoncé lundi 3 octobre le comité Nobel. Jules Hoffmann, chercheur français né au Luxembourg, travaille au sein de l'Institut de biologie moléculaire et cellulaire de Strasbourg. Il a reçu la médaille d'or du CNRS en 2011.

"Les lauréats du Nobel de cette année ont révolutionné notre compréhension du système immunitaire en découvrant les principes clés de son activation", selon un communiqué du comité.

Le système immunitaire permet à l'organisme de se défendre en libérant des anticorps et des cellules tueuses en réponse à des virus ou des germes. Ces recherches ouvrent la voie à de nouveaux médicaments et permet de combattre des déficiences immunitaires comme l'asthme, la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Crohn. "Leurs travaux ont ouvert de nouvelles voies pour le développement de la prévention et pour des thérapies contre les infections, les cancers et les maladies inflammatoires", explique le jury.


Bruce Beutler, 55 ans, et Jules Hoffmann, 70 ans, "ont découvert les protéines réceptrices qui reconnaissent les micro-organismes (nocifs) et activent le système immunitaire, première étape de la réponse immunitaire de l'organisme", explique le comité Nobel. Ralph Steinman, 68 ans, "a découvert les cellules dendritiques du système immunitaire et leur capacité unique à activer et réguler l'immunité adaptative, dernière étape de la réponse immunitaire de l'organisme au cours de laquelle les micro-organismes sont évacués du corps", ajoute le comité.

Beutler et Hoffmann vont se partager la moitié du prix de 10 millions de couronnes suédoises (1,46 million de dollars) remis aux lauréats pour leurs travaux sur le système immunitaire inné. M. Steinman est récompensé pour ses travaux sur le système immunitaire adaptatif et obtiendra l'autre moitié de la somme.

Les trois lauréats recevront leur prix lors d'une cérémonie officielle à Stockholm le 10 décembre, date anniversaire de la mort du fondateur du prix, l'industriel suédois Alfred Nobel.

Hors ligne anne

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Re : france : prix Nobel pour découverte de l'immunité Innée
« Réponse #1 le: 03 octobre 2011 à 17:45:23 »


article signalé par FREDE

merci  :)

Hoffman a trouvé ce qui fait " fonctionner " l 'immunité innée, en partant des génes Hox de développement de la drosophyle... nous, les humains, les mammiféres, avons les memes recepteurs pour l'immunité que les insectes...




http://www.romandie.com/news/n/_Jules_Hoffmann_une_passion_des_insectes_au_service_de_l_immunite_humaine031020111510.asp

Jules Hoffmann: une passion des insectes au service de l'immunité humaine


PARIS - Le biologiste français Jules Hoffmann, 70 ans, récompensé lundi par le prix Nobel de médecine, a su en étudiant le système immunitaire de la mouche du vinaigre, montrer l'importance d'une première ligne de défense contre les micro-organismes que l'homme partage avec les insectes.

La médaille d'or du CNRS, une des plus prestigieuses distinctions scientifiques françaises, lui a été décernée il y a moins de deux semaines.


Ses découvertes ont fait émerger une vision nouvelle des mécanismes de défense que les organismes, des plus primitifs jusqu'à l'homme, opposent aux agents infectieux, soulignait le Centre national de la recherche scientifique.

Dans les années 70, Jules Hoffmann a créé le laboratoire Réponse immunitaire et développement chez les insectes installé à l'Institut de biologie moléculaire et cellulaire du CNRS à Strasbourg, dont il a été directeur de 1994 à 2006.

C'est une personnalité chaleureuse. Il a un pouvoir de communication extraordinaire, a déclaré son collègue Charles Hétru qui croyait que Jules Hoffmann aurait le prix Nobel tandis que lui-même n'y croyait pas.

Rien que cette année, ce père de deux enfants a aussi reçu les prestigieux prix Keyo de Médecine, Prix Gairdner en sciences médicales et dernièrement le prix Shaw en sciences du vivant et médecine.

Après des premiers travaux sur les sauterelles, c'est chez la drosophile ou mouche du vinaigre que Jules Hoffmann analyse les réponses antimicrobiennes des insectes, permettant des avancées pour la compréhension des mécanismes chez les mammifères, homme compris.

Les insectes se défendent remarquablement bien contre les infections, notamment par la production de puissants peptides (petites protéines) à large spectre d'activité contre les bactéries et les champignons, avait-il expliqué en 2007 devant l'Académie française des sciences qu'il a présidée pendant deux ans, jusqu'en 2008.

Né au Luxembourg dans la petite ville d'Echternach, le 2 août 1941, entré au CNRS en 1964, il a obtenu la nationalité française en 1970.

Héritage paternel

Dans une brève autobiographie, le biologiste au regard bleu et à la mèche blanche raconte que, sur les conseils du Pr Pierre Joly qui l'avait accueilli dans son laboratoire du CNRS à Strasbourg, il avait décidé de rester dans le système universitaire français et de demander la nationalité française.

Je l'ai reçue en 1970, perdant automatiquement mon ancienne nationalité luxembourgeoise, poursuit-il, précisant n'avoir jamais regretté cette décision pourtant difficile en raison d'un conflit entre ses intérêts scientifiques et les sentiments familiaux.

Son père, enseignant de sciences naturelles à Luxembourg et collectionneur d'insectes à ses temps perdus, lui avait communiqué sa passion.

Lorsque Jules se lance dans l'étude de l'immunité des drosophiles, personne ne faisait ce type d'études au plan mondial à la fin des années 80, rappelait-il récemment.

Considérée maintenant comme une première ligne de défense indispensable avant l'apparition d'anticorps, l'immunité innée faisait alors figure de système subalterne. On connaissait les phagocytes, des globules blancs avaleurs de bactéries, mais on ne s'attendait pas à ce que cela soit aussi complexe, expliquait-il à l'AFP, à l'annonce de sa médaille du CNRS.

L'immunité innée est une défense immédiate et générale, sans viser spécifiquement un germe infectieux ni mémoriser son identité, résumait M. Hoffmann qui a découvert en 1996 le récepteur Toll capable d'identifier un agent pathogène.
( il y a plusieurs toll, au moins 12 ou 13 )

Ce récepteur intervient aussi dans l'activation de l'immunité adaptative ou spécifique, le deuxième type de réponse immunitaire entrainant la production d'anticorps.


(©AFP / 03 octobre 2011 15h36)

Hors ligne anne

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Re : france : prix Nobel pour découverte de l'immunité Innée
« Réponse #2 le: 03 octobre 2011 à 17:48:18 »
c'est peu de dire que je suis ravie..
 :)
c'était énervant toute cette partie de l'immunologie : quand on disait " on ne sait pas se qui se passe exactement, il y a mise en tension des futures réactions immunitaires  " etc...
maintenant on sait un peu mieux : et ce qu'ils ont trouvé est extraordinaire

Hors ligne anne

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Re : france : prix Nobel pour découverte de l'immunité Innée
« Réponse #3 le: 03 octobre 2011 à 18:34:49 »
http://www.lefigaro.fr/sante/2011/10/03/01004-20111003ARTFIG00669-a-70-ans-le-francais-nobelise-n-envisage-pas-la-retraite.php


Mais lundi, ses premiers mots sont allés à son équipe. «Je pense beaucoup à tous les gens qui ont travaillé avec moi. Dans ce domaine, c'est l'activité d'un groupe qui est reconnue», a-t-il assuré. Alors que les responsables du Nobel expliquaient qu'ils n'avaient pas réussi à joindre les lauréats, Jules Hoffmann a confirmé qu'il avait réalisé en voyant la meute de journalistes qui l'attendait devant son hôtel à Shanghaï.

Si ses collègues évoquent tous sa très grande gentillesse, ses qualités humaines, sa capacité à motiver des équipes, ils mettent avant tout en avant l'homme de sciences. «Je l'ai connu à ses débuts, raconte Nicole Le Douarin, biologiste de renom. Il était très doué». A titre personnel, «sa qualité première est l'enthousiasme», raconte de son côté Jean-François Bach, déjà secrétaire perpétuel à l'Académie des sciences lorsque Jules Hoffmann en prend la présidence. «Ce Nobel, c'est la confirmation de ce que l'on espérait tous», ajoute-t-il.

Âgé de 70 ans, Jules Hoffmann envisage-t-il la retraite ? «Je vais tous les jours au laboratoire», rappelle le scientifique. «Quand on aime vraiment la science, on ne peut pas s'en passer. Mais il faut avoir le courage de ne pas jouer le rôle du commandeur qui dirige tout. Il faut savoir passer la main», assure celui qui se passionne aussi pour la lecture, la randonnée et le chant grégorien.