Auteur Sujet: susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.  (Lu 3091 fois)

Hors ligne anne

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susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« le: 28 février 2011 à 21:17:47 »
l'exemple le plus cité sur le web ( ou rapidement " trouvable" ) est celui de l'encéphalite herpétique.. alors que l'herpés donne une maladie généralement bénigne ( le bouton de fiévre ), voir inaparente, il peut tuer d'autres personnes, par encéphalite.


La susceptibilité génétique aux maladies infectieuses

extrait  :l'article entier est la :  http://dialogues.univ-paris5.fr/spip.php?article104
par Laurent Abel et Jean-Laurent Casanova, Directeurs du Laboratoire de génétique humaine des maladies infectieuses, Université Paris Descartes - Inserm U550

Lorsqu’une épidémie sévit, tous les individus exposés ne deviennent pas malades. Et si cette inégalité traduisait l’absence, chez les personnes sensibles, d’une pièce du puzzle immunitaire qui nous protège contre les agressions des micro-organismes ? L’idée a de quoi surprendre mais elle se vérifie au fur et à mesure des recherches. Ainsi, les mécanismes génétiques et moléculaires de plusieurs déficits immunitaires qui prédisposent à une infection ont été identifiés ces dernières années. Parallèlement, des pathologies graves et communes telles que la lèpre et la tuberculose reflètent en fait l’existence d’un gène majeur de susceptibilité, du moins dans certaines populations. Sans doute bon nombre de maladies infectieuses pourraient-elle être revisitées selon cette grille de lecture. Laurent Abel et Jean-Laurent Casanova nous expliquent pourquoi.

Jusqu’à l’avènement de la théorie microbienne due à Louis Pasteur, l’espérance de vie humaine ne dépassait guère 20 à 25 ans
. Le contrôle des infections qui s’en suivit grâce à l’hygiène, aux vaccins et aux antibiotiques permit de tripler cette espérance. Cependant, dès le XIXe siècle, les médecins avaient constaté que, dans les régions d’endémie, là où les pathogènes persistent très longtemps, il existe toujours une grande variabilité de résistance aux maladies selon les individus, la même pathologie pouvant être mortelle chez les uns, bénigne ou asymptomatique chez les autres.
La découverte des infections asymptomatiques revient à Charles Nicolle dans les années 1911-1917. Dès 1870, Louis Pasteur avait lui-même souligné l’importance de facteurs non microbiens dans la susceptibilité à une infection parmi les organismes exposés. Au cours des années 1920-1950, des données d’épidémiologie génétique ont clairement indiqué que la prédisposition génétique jouait un rôle déterminant dans le déterminisme des maladies infectieuses. Archilbald Garrod, le fondateur de la génétique humaine et de la génétique clinique, consacre en 1931 un chapitre entier de son célèbre ouvrage « The inborn factors in disease » à cette question. Depuis les années 1950 ces données cliniques et épidémiologiques ont été confirmées au plan moléculaire et cellulaire par un domaine scientifique en constante évolution : la génétique humaine des maladies infectieuses. D’un point de vue clinique, ce domaine fournit de nouveaux moyens de diagnostic et de pronostic et ouvre des perspectives préventives et curatives innovantes.

Déficits immunitaires et infections communes

Jusqu’à ces dernières années, les spécialistes tendaient à opposer les infections communes, comme la grippe, le paludisme et de nombreuses infections bactériennes (à salmonelles, chlamydia, etc.), aux déficits immunitaires monogéniques (c’est-à-dire dus à l’altération d’un seul gène), maladies rares dont on compte une centaine d’exemples.
En effet, selon ce paradigme dominant, les infections communes seraient favorisées par des dizaines de gènes de susceptibilité, chacun d’eux apportant une modeste contribution à l’expression de la maladie ; ce que l’on résume par la formule : « une infection, de multiples gènes » (Figure 1). Ainsi, en 1954, le généticien britannique Anthony Allison découvrit que l’anémie falciforme (drépanocytose) protégeait certaines populations africaines contre les formes sévères du paludisme provoquées par le parasite Plasmodium falciparum.
Premier pas d’une série de découvertes qui montrèrent que les variations des protéines des globules rouges, les cellules où se reproduit le plasmodium à une étape de son cycle, sont impliquées dans la susceptibilité, ou la résistance, au paludisme.
Inversement, les déficits immunitaires monogéniques, plus connus sous l’appellation de déficits immunitaires primitifs (DIP, ou déficits immunitaires primaires), confèrent une vulnérabilité à de nombreuses maladies infectieuses : « un gène, de multiples infections », résume-t-on. Le premier DIP répertorié, l’agammaglobulinémie récessive liée à l’X, a été décrit en 1952 par le colonel Ogden Bruton chez quelques enfants américains : dû à la mutation du gène codant la protéine BTK, qui entraîne le blocage de la fabrication des lymphocytes B, ce DIP se manifeste par des infections bactériennes à répétition des voies respiratoires et digestives et prédispose au risque d’infections chroniques par les entérovirus.
Le modèle prédominant parmi les spécialistes de l’infectiologie oppose donc les maladies infectieuses fréquentes dans les populations, de nature polygénique, aux infections rares, souvent graves et de nature monogénique ; la génétique des populations, complexe, à la génétique mendélienne, centrée sur le gène morbide. En fait, comme nous allons le voir, la réalité n’est pas aussi tranchée. Il s’avère que certains gènes humains confèrent une vulnérabilité ou une résistance à des maladies infectieuses spécifiques au niveau individuel ou au niveau de la population : « un gène, une infection », donc
(Figure 1).http://dialogues.univ-paris5.fr/IMG/pdf/casanova_figure_1.pdf




http://cid.oxfordjournals.org/content/48/5/595.full

Genetics in Meningococcal Disease: One Step Beyond

   1. Matthijs C. Brouwer and
   2. Diederik van de Beek

+ Author Affiliations

   1.
      Department of Neurology, Center of Infection and Immunity Amsterdam, Academic Medical Center, University of Amsterdam, The Netherlands

   1. Reprints or correspondence: Dr. Diederik van de Beek, Dept. of Neurology, Center of Infection and Immunity Amsterdam, Academic Medical Center, University of Amsterdam, PO Box 22660, 1100DD Amsterdam, The Netherlands (d.vandebeek@amc.uva.nl).



« Modifié: 01 mars 2011 à 08:15:49 par anne »

Hors ligne Joyce31

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #1 le: 01 mars 2011 à 12:08:56 »
Grand merci, Anne, c'est très, très intéressant!

Hors ligne anne

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #2 le: 01 mars 2011 à 13:54:04 »
je n'ai mis qu'un bout de l'article qui parle de diverses maladies infectieuses

c'est trés interressant aussi pour " contrer" ceux qui pensent que la psycho guérit tout ( je pense à une " secte" qui dit que si l'on tombe malade c'est à cause du psy = vente de stages de programmation " mentale", arret de tous les médicaments etc.. et vidage de porte monnaie )

et bien non.. s'il manque un recepteur toll like ( un peu muté.. j'avais mis un article la dessus pour l'encephalite hérpétique ), si une protéine " adaptateur" comme My n'est pas la, si  et si...selon les cas.
cela va favoriser des maladies infectieuses .
si une personne meurt en quelques heures ou deux jours d'une grippe, alors que dans la région il n'est pas signalé tant de grippe que cela... je crains que cette personne n'ait un petit probléme d'immunité .

tous les gens en contact avec le bacille de la lépre, ne font pas la lépre... il y a bien quelque chose de " génétique" la dessous. ( et le fait d'etre " sain", en " bonne santé" , sportif, non vacciné, n'y changera pas grand chose.. )

c'est sur que globalement, avoir un bon " mental", etre " sain" : c'est plutot bien... mais; ne pas en faire une théorie grandiose
« Modifié: 01 mars 2011 à 18:32:30 par anne »

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #3 le: 02 mars 2011 à 01:18:16 »
Oui, surtout qu'il y a psycho et psycho...

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #4 le: 02 mars 2011 à 06:38:50 »
oui, la " psychologie normale" , encadrée, c'est bien et indispensable.

autre :
 actuellement, il y a  des gens "normaux"  - non sectaires, ayant encore le cerveau a sa place..  qui croient que des problemes  ( ennuis, etc..) peuvent donner la fievre..

" j'ai 40 de fiévre, mais c'est pas grave, c'est à cause des ennuis"

 ???

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #5 le: 02 mars 2011 à 10:48:25 »
 ???

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #6 le: 02 mars 2011 à 12:56:06 »
oui...
le cerveau ( SNC ) du francais est il trés " fort" pour qu'il en arrive à se créer de la fiévre rien que par la puissance mentale ?

( et aprés on rame pour expliquer que la fiévre est probablement due à un virus mais pas au " divorce " en cours etc... )

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #7 le: 02 mars 2011 à 13:04:13 »
Bon d'accord pour penser (hypothétiquement) que la personne est susceptible de prendre moins bien soin d'elle parce qu'elle fait moins attention, étant accaparée mentalement par les soucis (divorce, etc...)= elle risque de moins bien se protéger et de choper un virus... m'ouais...mais de là à sauter les étapes: ils y vont forts. Dingue!  8)

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #8 le: 02 mars 2011 à 13:06:13 »
C'est stochastique? (un de mes collègues n'arrète pas d'employer ce terme en ce moment...) ::)

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #9 le: 02 mars 2011 à 13:32:37 »
je ne sais pas ce que c'est la stochastique...

autre scénario :  ca va mal ( décés, divorce etc.. stress chronique ) cela augmente le taux de cortisol sanguin, l'adrénaline.. etc.. et comme dit frede : pas manger, pas " s'occuper " de soi, pleurer, pas dormir :
 le tout fait diminuer l'immunité, notion de neuro immunologie.. le virus se multiplie, et cela donne de la fiévre.

mais voila : il y a des étapes qui ont sauté dans la tete des gens..
psy... hop.. fiévre
« Modifié: 02 mars 2011 à 17:50:40 par anne »

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #10 le: 02 mars 2011 à 15:42:24 »
Non, il est généticien à l'INSERM(...c'est pour ça que je ... :-X ;D...)
Stochastique...J'avais espoir que tu m'éclaire (= aléa en français) ::)
un peu comme idiopathique, je suppose (quand on ne sait pas d'ou ça vient) :D

De tout façon, à force de vouloir prendre des racourcis pour tout, les gens vont "droit dans le mur"!

Hors ligne anne

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #11 le: 02 mars 2011 à 17:53:14 »
http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=6249
cela ne nous éclaire pas tellement sauf que ton copain est super intelligent..  :D

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #12 le: 02 mars 2011 à 17:59:53 »
Face a des gens comme ça, j'"écrase" 8)...j'écoute et j'essaie de comprendre...Heureusement, il explique bien! :)

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Re : susceptibilité génétique aux maladies infectieuses.
« Réponse #13 le: 02 mars 2011 à 18:02:40 »
prendre des notes et venir nous raconter...  ;)
nous serons tous plus intelligents.. c'est ca l'interet..