Auteur Sujet: Dengue : vaccins et traitement  (Lu 15980 fois)

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Re : Dengue : vaccins et traitement
« Réponse #45 le: 28 décembre 2015 à 18:05:45 »
http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/13455-Le-vaccin-contre-la-dengue-est-autorise-au-Bresil
Et de trois ! Après le Mexique et les Philippines, c’est au tour du Brésil d’autoriser le vaccin contre la dengue de Sanofi Pasteur. Le laboratoire français en a fait l’annonce ce 28 décembre dans un communiqué. Avec 1,4 millions de cas en 2015, l’Etat sud-américain est un des plus gros réservoirs de cette maladie virale transmise par le moustique.
Aucun traitement n’existe à ce jour contre la dengue. En revanche, Dengvaxia agit de manière préventive pour les 4 sérotypes identifiés. Au Brésil, le vaccin sera autorisé chez les personnes âgées de 9 à 45 ans qui vivent en zone endémique, comme c’est déjà le cas au Mexique. « L’épidémie de 2015 est encore très présente dans les esprits des Brésiliens, souligne Joao Bosco Siqueira Junior, de l’Université fédérale de Goias (Brésil). L’enregistrement de Dengvaxia est ainsi le bienvenu dans le cadre de nos efforts constants de prévention de la dengue. »
Réduire de moitié la mortalité
D’après les essais menés par Sanofi, dans 15 pays différents, le vaccin a permis de réduire la dengue chez les deux tiers des participants, 8 hospitalisations sur 10 et jusqu’à 93 % des cas de dengue sévère. Le produit semble donc bienvenu pour atteindre les objectifs fixés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui veut réduire de moitié la mortalité liée à cette maladie dans les pays endémiques d’ici 2020.
La dengue est une infection virale rarement mortelle mais très invalidante. Elle provoque des céphalées sévères, des douleurs musculaires et articulaires, des vomissements et de la fièvre. Lorsque celle-ci tombe, les premiers signes d’alertes surviennent. On observe alors des douleurs abdominales, une grande fatigue et des saignements. Cinq cas autochtones ont été déclarés cette année en France, dans la région de Nîmes.

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Re : Dengue : vaccins et traitement
« Réponse #46 le: 24 mars 2016 à 20:41:15 »
Un premier vaccin 100 % efficace contre la dengue

Mélanie Maziere
| 17.03.2016



Un groupe de chercheurs des Instituts nationaux américains de la santé vient de publier les résultats encourageants d’un petit essai clinique sur le premier vaccin expérimental couvrant les quatre souches de la dengue. C’est tout le défi dans la recherche de ce vaccin. Car l’immunité s’acquiert en réponse à l’infection par l’un des quatre sérotypes mais ne protège pas contre les trois autres sérotypes.

Un individu est donc susceptible d’être successivement infecté par les quatre sérotypes au cours de sa vie, et les infections ultérieures sont de plus en plus sévères. Jusqu’alors, les recherches avaient permis de trouver des pistes intéressantes concernant un vaccin efficace contre les souches DEN-1, DEN-3 et DEN-4, mais pas contre la DEN-2.
Résultat, les individus ayant reçu ce vaccin, infectés deux ans plus tard, ont été deux fois plus nombreux à développer une dengue sévère menant à l’hospitalisation, en comparaison avec le groupe ayant reçu un placebo.

Publiée hier dans la revue « Science Translational Medicine », l’étude a inclus 41 volontaires sains n’ayant jamais été infectés précédemment, répartis en deux groupes, l’un recevant le vaccin vivant atténué TV003 et l’autre un placebo, qui ont été exposés à la souche DEN-2 six mois après la vaccination. Aucun des 21 participants vaccinés n’avait de trace du virus dans le sang et n’a développé de symptômes.

En revanche, les 20 volontaires ayant reçu un placebo ont été infectés et 80 % ont développé des symptômes. Les chercheurs vont débuter un essai étendu de phase 3 au Bangladesh à partir de fin mars pour démontrer l’efficacité du vaccin à grande échelle. Un autre essai de ce type est déjà en cours au Brésil.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la dengue touche 50 millions de personnes chaque année, dont 500 000 développent la forme sévère hémorragique parmi lesquelles 20 % décèdent. Les auteurs soulignent que les méthodes utilisées dans cette étude pour développer ce vaccin anti-dengue pourraient servir à la mise au point d’un vaccin expérimental contre Zika dans les prochains mois.

Source : Lequotidiendupharmacien.fr

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Re : Dengue : vaccins et traitement
« Réponse #47 le: 04 avril 2016 à 19:53:15 »
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/04/04/97002-20160404FILWWW00165-dengue-campagne-de-vaccination-de-masse-aux-philippines.php
Le groupe pharmaceutique français Sanofi a lancé lundi son programme public de vaccination contre la dengue aux Philippines, une première mondiale pour son produit Dengvaxia qui a nécessité 20 ans de recherches et 1,5 milliard d'euros d'investissements.
"Le programme public de vaccination lancé aujourd'hui aux Philippines débute par la vaccination, cette année, d'un million d'élèves dans 6.000 écoles publiques de trois régions du pays où la dengue est hautement endémique", indique le géant pharmaceutique dans un communiqué.
Le vaccin Dengvaxia doit "prévenir 8 hospitalisations sur dix et jusqu'à 93% des cas de dengue sévère", dont la dengue hémorragique, potentiellement mortelle, souligne Sanofi.
L'Asie supporte actuellement 70% du poids mondial de la dengue.
Rien qu'aux Philippines, 200.000 cas de dengue ont été rapportés en 2013, et selon une analyse publiée le 24 mars dans le New England Journal of Medicine, près de 15% des maladies fébriles chez les enfants de 9 ans et plus y sont dues à la dengue.
Dengvaxia est également homologué au Mexique, au Brésil et au Salvador. Environ 35 pays devraient l'avoir autorisé d'ici la fin de l'année, a indiqué à l'AFP Jérôme Leroy, responsable de son programme sur la dengue.
Sanofi Pasteur a prévu un prix de 20 euros par dose environ, a-t-il précisé, jugeant ce prix "abordable, raisonnable, équitable".
Ce prix se justifie par "l'investissement colossal" que Sanofi Pasteur a consenti pour le développer et par sa mise à disposition accélérée, a-t-il poursuivi.
Premier vaccin au monde autorisé pour la prévention de la dengue, Dengvaxia est disponible aux Philippines depuis février pour la vaccination dans le secteur privé.
Il est produit en France dans un site dédié dont la capacité de production à plein régime devrait atteindre 100 millions de doses annuelles.

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Re : Dengue : vaccins et traitement
« Réponse #48 le: 20 juillet 2016 à 13:53:30 »
http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=15354

Un vaccin universel pour neutraliser les virus de la dengue et Zika

Des anticorps récemment découverts pourraient conduire au traitement des virus de la dengue et Zika.

Les virus de la dengue et Zika, virus à ARN transmis par les moustiques, présentent quelques points communs: ils appartiennent au genre flavivirus et partagent des protéines d'enveloppe similaires. Grâce à la recherche européenne conjointe, en partie financée par le projet DENFREE, ils peuvent désormais être traités avec les mêmes anticorps.

La croissance des maladies à transmission vectorielle est une des principales conséquences du réchauffement planétaire. Le virus de la dengue, une des formes les plus connues de ces maladies, menace la vie d'environ 500 000 personnes chaque année. Le virus Zika est cependant d'une autre forme, bien qu'il affecte généralement les personnes pour 2 à 7 jours uniquement. Mais même dans ce cas, on a découvert que les patients au Brésil et en Polynésie française atteints du virus Zika souffrent de complications neurologiques comme le syndrome de Guillain-Barré, tandis que ce virus entraîne également la microcéphalie du fœtus.

Les efforts antérieurs menés par l'Institut Pasteur, le CNRS et l'Imperial College London avaient permis de découvrir des anticorps capables de neutraliser les quatre types connus du virus de la dengue. Grâce à un financement provenant essentiellement du projet DENFREE – qui vise à identifier les facteurs clés définissant la transmission de la dengue et de développer de nouveaux outils de diagnostic - les trois institutions, en collaboration avec l'université de Vienne, ont poussé cette recherche plus loin en se concentrant sur le virus Zika.

"Nous souhaitions voir si les anticorps isolés pour la dengue pourraient servir à neutraliser d'autres flavivirus, et Zika semblait être le meilleur candidat", expliquait Félix Rey, responsable du Laboratoire de virologie structurale à l'Institut Pasteur.

Pour sa recherche, l'équipe a sélectionné deux anticorps capables d'empêcher la prolifération du virus de la dengue. Ces anticorps ont été isolés chez des patients atteints de la dengue, puis présentés au virus Zika. Les résultats ont surpris l'équipe: "Nous ne nous attendions pas à découvrir que le virus de la dengue et le virus Zika soient si proches au point où certains anticorps produits contre le virus de la dengue pourraient aussi neutraliser si fortement le virus Zika", a fait remarquer Rey.
En effet, un des deux anticorps testés a pu neutraliser le virus Zika encore mieux qu'il ne l'a fait pour le virus de la dengue.

Un autre élément clé de la recherche était d'utiliser la cristallographie pour identifier le site de liaison sur le virus Zika. Les scientifiques ont produit des cristaux contenant le complexe "anticorps-protéine d'enveloppe", avant d'utiliser des rayons X puissants pour reconstruire en 3D le site précis où l'anticorps se lie à la protéine d'enveloppe. Ainsi, l'équipe a découvert que les virus de la dengue et Zika partagent le même site de liaison d'anticorps.

Ces résultats pourraient, à terme, conduire au développement d'un vaccin universel qui protège à la fois de la dengue et du virus Zika. Ils ont été publiés dans la revue "Nature" le 23 juin 2016.

"Les anticorps pourraient servir par exemple, à protéger les femmes enceintes menacées par le virus Zika, car il n'y a actuellement aucun vaccin ou traitement pour cette maladie", a conclu Rey.

Le projet DENFREE se poursuivra jusqu'à la fin 2016. Il est financé par le 7e PC de l'UE à hauteur de 8,4 millions d'euros.

Pour plus d'informations voir: projet DENFREE

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Re : Dengue : vaccins et traitement
« Réponse #49 le: 20 juillet 2016 à 14:17:31 »
Le projet DENFREE

 L’Institut Pasteur coordonne depuis janvier 2012 un ambitieux projet international, appelé DENFREE, qui vise à mieux comprendre, et donc contenir, les épidémies de dengue qui progressent très rapidement vers des régions où la maladie n’était traditionnellement pas connue, dont l’Europe.

"L'OMS estime que l'une des principales conséquences du réchauffement climatique aura une charge accrue des maladies à transmission vectorielle. Parmi ceux-ci, la dengue semble être particulièrement problématique, avec des dizaines de millions de cas de dengue estimés à se produire chaque année, y compris jusqu'à 500.000 cas de la dengue hémorragique avec syndrome de choc fièvre / dengue vie en danger. au cours des dernières années, le fardeau mondial de la maladie de la dengue a augmenté de façon spectaculaire et cette augmentation prolifique a été connecté à la société ...

http://cordis.europa.eu/project/rcn/102500_en.html

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Re : Dengue : vaccins et traitement
« Réponse #50 le: 20 juillet 2016 à 14:19:16 »
http://www.pasteur.fr/fr/institut-pasteur/presse/documents-presse/denfree-tire-d-ailes-moustiques-vers-le-controle-la-dengue
...
Communiqué de presse
Paris, le 29 février 21012

DENFREE: à tire-d’ailes de moustiques vers le contrôle de la dengue

Le virus de la dengue est présent de façon persistante dans des zones de plus en plus étendues: traditionnellement confiné autour des Tropiques, il est maintenant endémique jusque dans le Sud de la France où des cas ont été détectés chez des personnes n’ayant pas voyagé. Le virus se diffuse grâce au moustique qui, lui-même, profite des mouvements de population et des changements climatiques pour envahir de nouvelles régions.

“Le projet DENFREE est très ambitieux. Il va nous permettre d’étudier la dengue sous différents aspects: de l’épidémiologie à l’immunologie, en passant par la climatologie et la géographie”, explique le Pr Anavaj Sakuntabhai, coordonnateur du projet à l’Institut Pasteur à Paris. “Cette association de compétences est très enrichissante et nous permettra de répondre de façon plus approfondie à de nombreuses questions fondamentales pour contrôler efficacement la maladie. ”

Les symptômes de la dengue peuvent varier de quelques courbatures sans gravité à une fièvre hémorragique mortelle. Mais pour environ 90% des personnes infectées, la maladie ne se remarque absolument pas: ils sont “asymptomatiques”. Cette particularité sera l’un des principaux axes d’étude du projet DENFREE car il est crucial de comprendre si ces personnes infectées, mais sans symptômes, peuvent aussi transmettre le virus, et par quels mécanismes elles y résistent. Or l’absence de toute manifestation visible de l’infection rend l’identification de ces personnes très difficile. Les chercheurs pensent donc les trouver en créant un kit de diagnostic rapide et précis, et en testant ainsi de façon systématique la famille et les voisins des patients souffrant des symptômes aigus de la dengue.

Les scientifiques espèrent que ces résultats permettront, à terme, d’établir des modèles prédictifs pour anticiper les épidémies, de déterminer quelles méthodes de contrôle des moustiques sont efficaces, et de mettre au point un kit de diagnostic plus sensible et moins invasif que celui qui existe actuellement. Et dans le futur, pourquoi pas d’imaginer un vaccin préventif?

DENFREE fait suite au projet DENFRAME, également coordonné par l’Institut Pasteur. DENFRAME a prouvé l’efficacité et la pertinence de l’approche communautaire pour mieux comprendre les épidémies de dengue. En effet, dans un article paru dans PLoS Neglected Tropical Diseases le 24 janvier 2012, l’équipe de Philippe Dussart, chef du laboratoire de virologie de l’Institut Pasteur de Guyane, en collaboration avec d'autres équipes en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est, a montré qu’une forte proportion de la famille des patients atteints d’une forme sévère de dengue était également contaminée. Or la plupart de ces personnes ne présentent aucun symptôme et sont donc souvent ignorées dans les études. Cette conclusion apporte une base solide sur laquelle les scientifiques impliqués dans DENFREE pourront s’appuyer  pour étayer leurs recherches.

PARTENAIRES

Institut Pasteur, France

Imperial College, Royaume-Uni

Bernard Nocht Institute, Allemagne

Mahidol University, Thailande

Institut Pasteur du Cambodge, Cambodge

Fundacio Institut Catala De Ciencies Del Clima, Espagne

Université de Rouen, France

CNRS, France

Cmaf, Fundacao Da Faculdade De Ciencias Da Universidade De Lisboa, Portugal

Instituto De Patologia E Imunologia Molecular Da Universidade Do Porto, Portugal

BC Platforms, Finlande

AmpTec Gmbh, Allemagne

Riotech Pharmaceticals Ltd, Royaume-Uni

Institute Of Tropical Medicine “Pedro Kouri”, Cuba

SOURCE

Clinical and Virological Study of Dengue Cases and the Members of Their Households: The Multinational DENFRAME Project - in PLos -Neglected Tropical Diseases, January 24, 2012

Philippe Dussart1*, Laurence Baril2,3, Laure Petit2, Lydie Beniguel2, Luong Chan Quang4, Sowath Ly5, Raimunda do Socorro Silva Azevedo6, Jean-Baptiste Meynard7, Sirenda Vong5, Loı¨c Chartier2, Aba Diop3, Ong Sivuth8, Veasna Duong8, Cao Minh Thang9, Michael Jacobs10, Anavaj Sakuntabhai11, Marcio Roberto Teixeira Nunes6, Vu Ti Que Huong9, Philippe Buchy8, Pedro Fernando da Costa Vasconcelos6

1 Institut Pasteur de la Guyane, Laboratoire de Virologie, Cayenne, French Guiana
2 Institut Pasteur, Unité d’Epidémiologie des Maladies Emergentes, Paris, France,
3 Institut Pasteur de Dakar, Unité d’Epidémiologie des Maladies Infectieuses, Dakar, Senegal
4 Institut Pasteur d’Ho Chi Minh Ville, Unité d’épidémiologie, Ho Chi Minh City, Vietnam
5 Institut Pasteur du Cambodge, Unité d’Epidémiologie et de Santé Publique, Phnom Penh, Cambodia
6 Instituto Evandro Chagas, Department of Arbovirology and Hemorrhagic Fevers, Bele´m, Brazil
7 Institut Pasteur de la Guyane, Unité d’épidémiologie, Cayenne, French Guiana
8 Institut Pasteur du Cambodge, Unité de Virologie, Phnom Penh, Cambodia
9 Institut Pasteur de Ho Chi Minh Ville, Laboratoire des Arbovirus, Ho Chi Minh City, Vietnam,
10 University College London Medical School, Department of Infection, London, United Kingdom
11 Institut Pasteur, Unité de Pathogénie Virale, Paris, France


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Re : Dengue : vaccins et traitement
« Réponse #51 le: 09 décembre 2017 à 20:18:50 »
La campagne de vaccination contre la dengue de Sanofi suspendue


https://www.sciencesetavenir.fr/sante/vaccin-contre-la-dengue-les-philippines-envisagent-de-poursuivre-sanofi-en-justice_118931

Vaccin contre la dengue : les Philippines envisagent de poursuivre Sanofi en justice
Par Sciences et Avenir avec AFP le 07.12.2017

Aux Philippines, un procès contre Sanofi couve. La révélation du laboratoire que son vaccin contre la dengue pouvait entrainer des cas sévères chez les personnes qui ne l'avaient jamais eue avait immédiatement entraîné sa suspension et l'indignation des Philippins, alors que plus de 800.000 enfants ont déjà été vaccinés

Le gouvernement philippin envisage de poursuivre Sanofi en justice après avoir suspendu le vaccin contre la dengue du géant pharmaceutique français quand celui-ci avait prévenu qu'il pourrait aggraver la maladie dans certains cas, a annoncé jeudi 7 décembre 2017 le ministre de la Santé.

Un vaccin qui aggraverait la maladie en cas de première exposition au virus
Le gouvernement de l'ancien président Benigno Aquino avait lancé le programme de vaccination en 2016 et les Philippines étaient devenues le premier pays à utiliser le Dengvaxia à une telle échelle. Environ 830.000 écoliers ont reçu au moins une dose de vaccin, d'après Francisco Duque, Secrétaire du Département de la Santé aux Philippines.
Mais Sanofi prévient soudain que "davantage de cas sévères de dengue pourraient être observés en cas d'exposition au virus" après vaccination chez les personnes n'ayant jamais été infectées auparavant.
Cette annonce soulève beaucoup d'inquiétude aux Philippines où la dengue, maladie transmise par des moustiques, est très répandue. Quelques jours plus tard, le vendredi 1er décembre 2017, les autorités philippines suspendent leur campagne publique de vaccination massive, première du genre dans le monde. Lundi 4 décembre, toute vente et distribution du Dengvaxia avaient été suspendues.

Vers un procès pour juger d’une éventuelle rétention d’informations
Cherchant à apaiser les craintes, Sanofi avait souligné lundi 4 décembre que les éventuels "cas sévères" ne seraient pas mortels et que le vaccin ne déclencherait pas la maladie, mais le 7 décembre le ministre de la Santé a également accusé le groupe d'avoir émis des déclarations "confuses". "Un jour où l'autre, c'est ce qu'il va se passer", a déclaré Francisco Duque à la télévision ABS-CBN comme on lui demandait si le gouvernement devait poursuivre Sanofi en justice. "Parce qu'au bout du compte, c'est une cour de justice qui va se prononcer s'agissant de la responsabilité de Sanofi", a-t-il dit.

Le gouvernement pourrait lui demander le remboursement d'1,4 milliard de pesos (23,4 millions d'euros) de vaccins non utilisés et la mise en place "d'un fonds d'indemnisation" pour couvrir les coûts d'hospitalisation des enfants vaccinés durant la campagne publique qui tomberaient malades, a-t-il ajouté. Celui-ci a aussi expliqué ce qu'il attendait d'un tribunal en cas de plainte : "S'il est établi que (Sanofi) n'a pas révélé des informations matérielles qui auraient changé l'issue de tous ces problèmes et la prise de décision du ministère de la Santé du gouvernement précédent, alors ils seront juridiquement responsables". Selon M. Duque, le Congrès se penchera sur la question la semaine prochaine.

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Re : Dengue : vaccins et traitement
« Réponse #52 le: 13 janvier 2018 à 16:32:54 »
https://www.clicanoo.re/Editorial/Article/2018/01/13/La-dengue-menace-la-solution_509734

La dengue menace... on a la solution !



En cette saison fatalement pluvieuse, en sus des avertissements du ciel qui se traduisent par la conjugaison d'inondations, d'éboulements et d'embarras de la circulation, il faut prendre en considération le risque épidémique que font peser sur les Réunionnais les moustiques qui prolifèrent par temps humide.

Au premier rang de ces menaces, celle de la dengue, transmise par les moustiques et l'aèdes albopictus en particulier, qui compte quatre stéréotypes différents. La dernière épidémie sévère de dengue type 2 date des années 1977-1978, où environ 30 % de la population réunionnaise avaient été touchés ; une proportion similaire à l'épidémie de chikungunya, pour donner une idée de l'impact d'une telle crise sanitaire. En 2004, une autre épidémie de type 1, plus limitée dans son expansion avec 228 cas déclarés a été constatée et de fait, en 2005, quand l'épidémie de Chik s'est déclarée c'était surtout la dengue qui était attendue. Elle est effectivement revenue en 2007, et il est apparu que sur les 97 cas signalés, dont 32 % confirmés, il s'agissait toujours du sérotype DEN-1 qui avait continué à circuler à La Réunion depuis 2004 (sources : Institut de veille sanitaire).

En 2016 on a observé une circulation dite "active" de la dengue jusqu'au mois de juillet, et l'an dernier, 94 personnes ont déclaré la dengue, le virus, majoritairement autochtone, étant identifié courant premier semestre 2017 et persistant au-delà de l'hiver austral. Il est à noter d'ailleurs que le principal sérotype identifié était de type 2, mais que deux autres types, 1 et 4 étaient observés, ce dernier étant importé.

En ces premiers jours de janvier, la météo favorise la transmission du virus par les moustiques dont les œ“ufs éclosent en grand nombre, et l'ARS océan Indien signalait il y a peu 8 nouveaux cas de dengue dite autochtone à la Ravine-des-Cabris et Saint-Pierre (Bois d'Olives) ! Le simple fait de changer d'année ne traduit aucune rupture en matière épidémique, et ce quoi valaient en 2017, soit des foyers de circulation virale localisés dans l'Ouest à Saint-Paul (quartiers Gare routière, Crèvecœ“ur, Tour des Roches), à Saint-Gilles-les-Bains (Carosse) et dans le sud à Saint-Pierre (Ligne Paradis, ZAC Palissade et plus récemment Bois d'Olives) selon le CIRE OI, perdure. Tableau auquel il faut ajouter désormais le foyer de la Ravine-des-Cabris. L'épidémie s'étend donc et le contexte météorologique y est favorable. Comment s'y opposer '

Au-delà des méthodes classiques de lutte anti-vectorielle et de la bonne volonté des Réunionnais, il n'y a pas grand-chose à y faire. On peut donc s'attendre à une extension de l'épidémie, sauf à ce qu'elle demeure dans son profil sporadique comme ces dernières années.
La Réunion et la dengue, c'est une histoire qui dure depuis au moins 1851, si l'on en croit les Archives de Médecine Navale. Peut-on espérer se vacciner contre de telles épidémies ' Dengvaxia développé par Sanofi et employé par les Philippines et le Brésil n'a pas fait ses preuves, en dépit des espoirs placés en lui.

Le Haut Conseil de Santé Publique français a souligné que "l'efficacité vaccinale n'a pas été démontrée chez les personnes n'ayant jamais été en contact avec le virus", faisant en outre état d'un "risque relatif accru d'hospitalisation pour dengue chez les enfants vaccinés les plus jeunes par rapport aux non vaccinés."

Pas question de vaccin à La Réunion. Une solution existe pourtant, qui est à la portée immédiate des Réunionnais, mais quelques retards de financements en renvoient la mise en œ“uvre aux alentours de 2020. C'est la Technique de l'Insecte Stérile développée par l'IRD depuis cinq ans dans le cadre du laboratoire MIVEGEC, en collaboration avec le CHU de Bellepierre et l'Établissement français du sang. Elle permet de limiter le développement des populations de moustiques tigres en usant de mâles stériles pour tromper les femelles et tarir leur fertilité dans l'œ“uf. Non polluante, respectueuse de la diversité biologique ce pourrait être la panacée en matière d'arbovirose. Il suffirait d'accélérer le processus d'ores et déjà mis au point et pour ce faire l'IRD n'a besoin que de bêtes subventions pour passer aux expérimentations à grande échelle.

Un bel investissement pour l'État et les collectivités que celui qui protégera les Réunionnais de crises sanitaires telles que le Chik et la dengue, fatalement mortelles pour une partie de la population.

pleclaire@jir.fr