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VIRUS H5N1 => EUROPE - ANIMAUX => Europe => Suisse - Articles animaux => Discussion démarrée par: Gänseerpel le 02 octobre 2006 à 21:19:53

Titre: Epidemiologie: Monitoring des oiseaux sauvages 2005: Résumé
Posté par: Gänseerpel le 02 octobre 2006 à 21:19:53
Résumé de l'Office vétérinaire fédéral (OVF) Berne sur la surveillance des oiseaux sauvages en Suisse

 
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Résumé
Le virus hautement pathogène de la grippe aviaire (HPAI) de sous-type H5N1, qui sévit depuis quelque temps en Asie du Sud-Est dans la volaille de rente, a commencé, au printemps et en été 2005, à se propager hors d’Asie en direction du nord-ouest. Les foyers de H5N1 observés chez les oiseaux sauvages et/ou la volaille domestique en Chine, en Mongolie, au Kazakhstan et en Sibérie soulèvent la question de la propagation directe du virus à l’Europe par les oiseaux sauvages lors de leur migration d’automne. Raison pour laquelle la Suisse a mis en place une surveillance des oiseaux sauvages et des oiseaux migrateurs au cours de leurs périodes de migration d’automne et d’hiver 2005 pour savoir si les virus de la grippe aviaire sont présents en Suisse. Ce monitoring poursuivait
deux objectifs : d’une part, mettre sur pied un système d’alerte précoce pour détecter rapidement l’introduction du virus de sous-type H5N1 hautement pathogène en Suisse en provenance de Russie par des oiseaux migrateurs et, d’autre part, apporter une contribution
scientifique sur le rôle épidémiologique joué par les oiseaux sauvages dans la propagation des virus de la grippe aviaire.
La surveillance combinait deux approches: des enquêtes visant déterminer la cause de la mortalité élevée observée chez les oiseaux sauvages (surveillance passive) et des prélèvements ciblés d’échantillons sur des oiseaux migrateurs durant les campagnes annuelles de baguage et sur les oiseaux d’eau tirés à la chasse (surveillance active). Du 24
septembre 2005 au 16 février 2006, 1353 oiseaux ont été soumis à un examen de dépistage de la grippe aviaire.,

Des fientes ont été prélevées sur des individus de 54 espèces d’oiseaux sauvages de 10 ordres zoologiques différents et analysées au Laboratoire national pour les maladies de la volaille et des lapins (NRGK) à Zurich au moyen d’une PCR en temps réel et d’une réaction de transcription inverse (rRT-PCR). On a détecté des domaines conservés du gène de
matrice qui portent une information identique à tous les virus Influenza de type A ou spécifique à ce groupe de virus. Tous les échantillons se sont révélés négatifs à ces virus et ont permis d’exclure une infection par les virus de la grippe aviaire. Ces analyses permettent d’affirmer que la prévalence des virus de la grippe aviaire dans cette population est inférieure à 0,25% avec une fiabilité de 95%. Le sous-type H5N1 asiatique, lui non plus, n’a pas été décelé en Suisse.
Les passereaux (Passeriformes) représentaient la partie la plus importante des oiseaux analysés soit 41,2%. Il a ainsi été possible de tester les premiers oiseaux migrateurs arrivés de Russie, avant tout pour déterminer le risque d’introduction du H5N1 en Suisse en provenance des régions touchées par la peste aviaire. 37% des oiseaux analysés étaient
des canards (Anseriformes), capturés principalement sur le lac de Sempach pour le baguage ou tirés en période de chasse ordinaire. Les prélèvements et les analyses ont porté surtout sur les fuligules milouins et les fuligules morillons, car l’analyse des bagues retrouvées a montré que ces canards quittent le nord de la Russie pour venir passer l’hiver en Suisse. La sauvagine (Charadriiformes) et les cormorans  Pelecaniformes) représentant respectivement 7.4 et 7% des oiseaux  analysés avaient été capturés presque tous dans la nasse à canard sur le lac de Sempach ou tirés à la chasse. La littérature scientifique atteste en effet des cas de grippe aviaire chez ces deux ordres d’oiseaux. Des analyses de dépistage ont été effectuées également sur 100 autres oiseaux appartenant à 6 autres ordres zoologiques.
L’appel lancé à redoubler de vigilance et à annoncer toute mortalité élevée observée dans la population d’oiseaux sauvages et à déterminer la cause de la mort de ces animaux s’est soldé par la notification de 11 cas seulement, qui concernaient au total 45 oiseaux isolés. A ce chiffre sont venus s’ajouter 24 envois d’animaux morts au laboratoire par des citoyens
inquiets, soit un total de 39 oiseaux morts. Ces chiffres permettent de conclure que lamortalité en automne 2005 parmi les oiseaux sauvages n’était pas été plus élevée que celle observée habituellement à cette saison. Les résultats d’analyse négatifs à l’égard du H5N1 chez les oiseaux capturés vivants et les oiseaux sauvages tirés en Suisse et dans les pays limitrophes permettent de conclure que durant la période d’analyse le virus n’était pas présent en grande quantité sous forme subclinique chez les oiseaux sauvages. Ces analyses, comme celles effectuées en 2003/2004 (Baumer, 2006) montrent que la prévalence des virus de la grippe aviaire chez les oiseaux sauvages en Suisse devrait être
globalement très faible. Cela est confirmé par les pourcentages de cas dépistés dans d’autres pays chez les oiseaux sauvages en fonction de la région, de la saison (migration) et de l’espèce animale analysée.
Le programme de surveillance des oiseaux sauvages et des oiseaux migrateurs de l’automne 2005 a permis la mise en place d’un réseau composé d’experts, d’autorités et de laboratoires dont l’expertise sera précieuse pour les prochains programmes de surveillance.
Un système de surveillance flexible, adapté à la situation épidémiologique du virus de la grippe aviaire devrait être établi.


Les examens se sont limités à la mise en evidence de virus, des analyses sérologiques n'étaient pas effectuées.

Résultats du programme de surveillance de l'hiver 2005 - 2006 (http://www.bvet.admin.ch/tiergesundheit/01528/01593/index.html?lang=fr&download=04612_fr.pdf)
Titre: Epidemiologie: Monitoring des oiseaux sauvages 2005: Résumé
Posté par: anne le 02 octobre 2006 à 21:31:16
merci ganzerpeel ;-)
nous sommes un peu faibles coté ornithologie

 " On a détecté des domaines conservés du gène de
matrice qui portent une information identique à tous les virus Influenza de type A ou spécifique à ce groupe de virus. "
Titre: Epidemiologie: Monitoring des oiseaux sauvages 2005: Résumé
Posté par: Gänseerpel le 02 octobre 2006 à 21:56:03
Salut Anne!

Pour le dépistage d'un virus sans tenir compte de la souche, il faut appliquer un test non specifique. Le gène M est un des éléments  les mieux conservés qui varie très peu d'une souche à l'autre. La mise en evidence d'un domaine du gène M prouve donc la présence de virus de GA sans autre présision de  la souche ou du soutype.
Titre: Epidemiologie: Monitoring des oiseaux sauvages 2005: Résumé
Posté par: Gänseerpel le 02 octobre 2006 à 22:11:12
Finalement il semble que les choses bougent lentement:

Avec l'Allemagne et l'Autriche, la Suisse a mis sur pied un projet de recherche international autour du lac de Constance. Le but de ce projet est de mieux comprendre la grippe aviaire et les mécanismes de propagation qui lui sont propres.
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Les questions du projet
En février-mars 2006, 86 cas de grippe aviaire ont été diagnostiqués dans la région du lac de Constance. Que s'est-il passé autour de ce lac pour que la grippe aviaire ait pu provoquer ces cas? Quels sont les facteurs qui influencent l'apparition et la propagation du virus aviaire à un endroit? Est-ce que certaines espèces d'oiseaux jouent un rôle particulier? Quel danger pour la volaille indigène? C'est à toutes ces questions et à beaucoup d'autres que le projet de recherche Constance veut répondre. D'une durée de trois ans, avec un budget global de 2 à 3 millions, il réunit trois pays et différents partenaires de recherche.

Autour des oiseaux sauvages
Les oiseaux sauvages sont au centre du projet de recherche Constance. Différents projets sont prévus. Notamment à Radolfzell et Kreuzlingen, des nasses sont posées sur l'eau pour attraper les oiseaux vivants. Ces oiseaux sont bagués, échantillonnés, puis relâchés. Ces analyses permettent de déceler la présence du virus aviaire dans la population des oiseaux sauvages.

Etangs sentinels
Pour comprendre les facteurs de propagation du virus aviaire des oiseaux sauvages à la volaille domestique, des étangs sentinelles sont mis sur pied à Radolfzell et à Romanshorn. Des canards colverts à qui on a rogné les plumes sont placés sur ces étangs. En contact avec les oiseaux sauvages, ces canards sont régulièrement échantillonnés pour déceler une éventuelle infection à la grippe aviaire.

En laboratoire
Constance met sa loupe aussi en laboratoire. Par exemple, pour savoir comment le virus aviaire se comporte chez d'autres espèces animales, des porcs vont être infectés à l'institut de virologie et d'immunoprophylaxie de Mittelhäusen et observés pour comprendre leurs réactions face au H5N1.

Modélisation
Toutes les données produites par le projet Constance et les autres données disponibles autour de la grippe aviaire vont être compilées à l'Institut tropical suisse et modélisées. Ce modèle devrait permettre de mieux comprendre le système dans son ensemble et d'adapter les mesures de prévention en conséquences.

Media source: Bvet CH