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VIRUS H5N1 => EUROPE - ANIMAUX => Europe => France - Articles animaux => Discussion démarrée par: niceam le 13 août 2006 à 10:31:56

Titre: FRANCE - CAFE DU COMMERCE : la GA connait pas !
Posté par: niceam le 13 août 2006 à 10:31:56
http://archives.bienpublic.com/cgi/bp_handle?artid=/une/20060810.BPA0055.html

de nos amis de flutrackers
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Mis en ligne le Jeudi, 10 août 2006
Dijon
LA CRISE N'EST PLUS QU'UN MAUVAIS SOUVENIR SUR LE MARCHÉ DE DIJON
Grippe aviaire : Le poulet a retrouvé la santé


Si certains producteurs avouent avoir vu leurs ventes baisser de 30 % au plus fort de la crise, tout semble être rentré dans l'ordre depuis deux mois (photo Nicolas Rouillard)

   

Plus de six mois après la crise de la grippe aviaire, les ventes de poulet ont retrouvé leur niveau de 2005. Sur le marché des halles de Dijon, les consommateurs avouent ne pas avoir cédé à la panique.


La grippe aviaire ? Connais pas ! », s'exclame Bruno, le regard malicieux. Devant sa rôtissoire, d'où s'échappe l'odeur engageante des poulets grillés et croustillants, le producteur s'affaire pour satisfaire une clientèle nombreuse et ne semble pas s'embarrasser de ces choses-là. Roland, lui, avoue volontiers qu'au plus fort de la crise, les ventes avaient chuté de 30 %. A cette époque, il confie même, un brin amusé, que les clients qui venaient habituellement s'approvisionner chez lui faisaient un détour pour éviter de passer devant son étal. Mais depuis environ deux mois, rassure-t-il, tout est rentré dans l'ordre.
Les gens ne semblent plus avoir peur et la nouvelle venue d'Indonésie, où le virus a muté et s'est transmis d'humain à humain, ne semble pas inquiéter des clients qui ont repris confiance.
Une confiance largement partagée par les fidèles du marché des Halles de Dijon. « Je n'ai jamais changé mes comportements alimentaires », affirme Yvette, une habituée, aucunement perturbée par les événements qui ont marqué cette fin d'année 2005. « La crise de la vache folle n'est pas passée par moi, la grippe aviaire non plus. »
Cabas à la main, Simone, elle, repart avec un beau poulet fermier qu'elle partagera ce soir en famille. « J'en mange une fois par semaine. » Et sa copine de renchérir : « Le poulet, il n'y a rien de meilleur ! Tenez, une petite recette dont vous me donnerez des nouvelles. Prenez un blanc de poulet que vous entourez de feuilles de sauge, arrosez d'un filet d'huile d'olive et servez avec un mélange de tomates fraîches et d'olives noires concassées. Vous verrez, c'est délicieux. »
« Les gens s'affolent pour tout et n'importe quoi»
Des consommateurs qui restent donc philosophes. « De toute façon, on ne va pas s'arrêter de manger », déclare Philippe, pragmatique : « Il y a eu la vache folle et maintenant la grippe aviaire. Et demain ? La peste du cochon ? Franchement, dans le temps, on se posait moins de questions et on ne se portait pas plus mal. Vous savez, avec cette obsession hygiéniste, les gens s'affolent aujourd'hui pour tout et n'importe quoi. » Une opinion partagée par un producteur local : « Tout cela, c'est la faute aux médias, affirme-t-il. Ils ont monté en épingle une affaire qui ne justifiait pas après tout un tel tollé. »
Et de se demander si le gouvernement n'a pas agi avant tout pour faire diminuer sa propre angoisse de l'épidémie. « Le principe de précaution, c'est bien, mais de là à créer une psychose, non merci ! Moi, franchement, la grippe aviaire, je ne veux plus en parler. »
Pourtant, Claire, une jeune maman de 31 ans, avoue avoir un peu hésité pendant une période à consommer du poulet. Mais ce temps-là est bien fini. Elle connaît bien son volailler et lui fait confiance. Elle s'est informée sur internet et sait que, pour l'instant, c'est essentiellement une maladie professionnelle, touchant des personnes en contact direct avec des animaux vivants.
Un bémol pourtant dans cette belle unanimité. Pour Jean-Pierre, un Dijonnais de 45 ans, la crise est loin d'être terminée. On l'a simplement laissée de côté, crise du CPE oblige.
Florence BEAUX

Le point sur la maladie

L'influenza aviaire est une maladie animale aussi appelée « grippe aviaire » par similitude avec la grippe humaine. Cependant, dans quelques cas répertoriés par l'Organisation mondiale de la santé, le virus a pu se transmettre à l'homme par le biais des sécrétions respiratoires des animaux infectés, leurs déjections ou les plumes et les poussières souillées. Seules les personnes qui ont des contacts étroits, prolongés et répétés avec des animaux malades, sont exposées à une contamination par le virus aviaire A (H5N1). « Actuellement, il n'existe pas en France de risque de contamination à la fois des animaux domestiques et donc des consommateurs par le virus influenza aviaire », commente le docteur Lomi, directeur de la Direction départementale des services vétérinaires de Côte-d'Or. « Cela dit, une surveillance étroite se poursuit à travers les prélèvements effectués sur les cadavres d'oiseaux sauvages, dispositif complété par un plan de contrôle mené dans les élevages d'oiseaux élevés en plein air, à travers le contrôle des importations de volailles en provenance de pays infectés (comme la Roumanie et la Turquie par exemple), pour lesquels les exportations sont généralement interdites, du fait d'une réglementation particulièrement rigoureuse. » Et la pandémie humaine, dans tout cela ? « La crainte de voir le virus muter de telle sorte qu'il devienne transmissible d'un humain à un autre humain reste possible », explique le docteur Lomi. L'Organisation mondiale de la santé a en effet recensé le premier cas avéré de transmission du virus de la grippe aviaire d'un père par son fils, en mai dernier en Indonésie. Est-ce à dire qu'une épidémie à l'échelle mondiale pourrait se développer ? Les spécialistes considèrent cette hypothèse comme envisageable à plus ou moins long terme. Mais pour cela, il est nécessaire que le virus aviaire animal se transforme, par mutation, notamment lors de son passage à d'autres espèces (comme le porc) ou par une mutation spontanée.

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