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VIRUS H5N1 => EUROPE - ANIMAUX => Europe => France - Articles animaux => Discussion démarrée par: shl78 le 14 mai 2006 à 11:12:45

Titre: Article intéressant sur l'histoire du cygne en Dombes
Posté par: shl78 le 14 mai 2006 à 11:12:45
L'histoire du cygne en Dombes (01)

Alain Bernard figure parmi les meilleurs connaisseurs de l avifaune des étangs de la Dombes. Il y chasse et étudie les oiseaux depuis plusieurs décennies. Nous lui avons demandé de définir le statut du cygne et de donner ses impressions. Son témoignage est parlant sur l'évolution de l espèce dans nos régions et ses conclusions pondérées sont pleines de bon sens.

« Le premier couple nicheur est apparu en Dombes au début de la décennie 70, semble t il introduit par les gestionnaires d'une base de loisirs. Ensuite, les effectifs se sont progressivement étoffés, atteignant une vingtaine de couples lors de l'enquête nationale du dernier Atlas des Oiseaux Nicheurs de France (période 1985 89). Nous en sommes sans doute à plus de 80 couples aujourd'hui, sans même compter le grand nombre d'oiseaux immatures et adultes confondus ne se reproduisant pas (données collectées par la section Ain du Centre Ornithologique Rhône-Alpes).

Cette évolution se retrouve évidemment dans les effectifs d'hivernants. En Dombes, les recensements de la mi janvier ont permis de compter 104 oiseaux en 1992 et 93, 171 en 1994, 237 en 1996 et 645 en 1999, soit une progression de 600 % en 7 ans.

Si l'on considère généralement que le taux de reproduction de l espèce a tendance à chuter lorsque les affectifs augmentent, c'est paradoxalement la situation inverse qui est relevée en Dombes : 3,36 jeunes par famille en 1993 (contre une moyenne de 3,87 à l'échelle de tout le département de l'Ain) ; 5,39 en 1996 (contre 4,68 ) ; 5,35 en 1998 (contre 5,22).

Globalement, trois griefs sont reprochés aux cygnes tuberculés présents entre la Bresse et l'agglomération lyonnaise :

* une prédation de frai, voire d'alevins : quelques pisciculteurs m'ont indiqué, assez rarement néanmoins, avoir observé des cygnes se nourrissant de cette manière (alors que l espèce est herbivore . Pour ne l'avoir jamais constaté moi -même, je ne peux me prononcer à ce sujet.

* Le second point noir concerne une concurrence alimentaire vis à vis d'autres oiseaux consommateurs d'herbiers aquatiques. Lorsque des gestionnaires d'étangs introduisent des végétaux (souvent l'élodée du Canada) dans leur plan d'eau ou noient des cultures à l'automne pour attirer les canards dans une optique cynégétique, on peut comprendre que l'arrivée de dizaines de cygnes venant se nourrir de cette manne soit fréquemment perçue comme une forme de «concurrence déloyale » ; d'autant que les besoins alimentaires d'un oiseau de la taille du cygne ne sont en rien comparables à ceux d'un canard !

* Mais le principal problème en Dombes vient de l'agressivité de ce gros palmipède Bon nombre de cygnes, ici comme ailleurs, ne tolèrent que difficilement, sinon pas du tout, la présence d'autres oiseaux aquatiques à proximité de leurs nids, sans même parler des irruptions humaines. Toutefois, on ne peut ériger cette constatation en règle absolue. Tout est affaire de "caractère" individuel. Chaque année, j'observe des cygnes nicheurs apparemment indifférents aux espèces se reproduisant et/ou se nourrissant dans leur voisinage ; alors que d'autres établissent ce qu'un pourrait appeler un « no waterbird's land » dans un rayon variable autour du nid. On doit admettre que dans des circonstances précises (couple agressif cantonné sur un étang de petite surface), la présence du cygne peut ruiner les tentatives de reproduction des autres espèces Mais dans bien d'autres cas, le cygne paraît cohabiter sans heurt avec le restant de l avifaune riveraine.

Il est loisible de penser que dans un contexte local différent, la présence du cygne tuberculé serait mieux tolérée. Malheureusement, en Dombes, depuis une dizaine d'années, les gestionnaires d'étangs, souvent à la fois pisciculteurs et chasseurs, ont été confrontés à divers phénomènes peu réjouissants : raréfaction des populations nicheuses de canards (à cause du fauchage précoce et de l'explosion démographique des corvidés), développement du stationnement hivernal des cormorans au détriment des poissons, apparition récente du ragondin qui mime les berges et les chaussées d'étangs... Dans ces circonstances, tout désagrément supplémentaire et le cygne peut en être un est perçu comme une menace intolérable. Si je ne partage pas totalement cette façon de voir qui touche parfois à l'irrationnel, j'admets que les pontes des quelques cygnes posant problème pourraient être « régulées » (cela est d'ailleurs le cas çà et là en toute illégalité, il faut bien le dire). Cette limitation des effectifs serait l'affaire de personnes qualifiées, après examen au cas par cas.

La population dombiste de cygnes est maintenant, et de loin, la plus importante de la région Rhône Alpes. Son développement récent est suffisamment remarquable pour qu'elle soit suivie attentivement afin de définir précisément son impact. Pour l'heure, rien ne justifie une élimination systématique »


Texte de Yves Thonnerieux
Auteur du site Natur'ailes

http://www.oiseaux.net/dossiers/yves.thonnerieux/le.cygne.html

Je n'ai pas mis l'article complet. Question pour les habitués : Le cygne qui charge les visiteurs est-il toujours en vie ?
Titre: Article intéressant sur l'histoire du cygne en Dombes
Posté par: Deufy le 14 mai 2006 à 21:25:16
Je ne sais pas si ce cygne est toujours vivant, mais j'ai une anecdote du même genre sur l'agressivité de certains individus.
J'ai un ami qui s'est un jour fait littéralement abordé par un cygne "nicheur" sur la canal de Caen à la mer alors qu'il passait tranquilement sur un zodiac au cours d'une promenade familliale un dimanche ensoleillé. Le cygne n'a pas hésité à se jeter sur le bateau et ses occupants et les a pourchassé jusqu'à ce qu'ils quittent son territoire.

Dans le Somme, et sur le Bassin d'Arcachon, l'expansion des populations locales de cygnes continue et pose problème, comme l'indique Yves Thonnerieux. De nombreux chasseurs se plaignet de voir cette espèce envahissante coloniser les mare de chasse de leurs marais.

Il est clair qu'une régulation de l'espèce devra être envisagée à moyen terme, à moins que le H5N1 fasse le ménage et rétablisse l'équilibre biologique rompu par cet oiseau d'introduction.

A ce propos, on ne peut manquer d'observer que les précisions apportées par Yves Thonnerieux nous éclairent sur un fait essentiel qui n'a que peu été évoqué.
Sur la plupart des sites, et notamment en Dombes, si l'on en croit ce naturaliste, les populations de cygnes se sont rapidement développées mais sont sédentaires et très attachées à leur territoire.
Or le nombre d'individu "souche" à l'origine de ces colonisations est souvent très limité, et le brassage avec des oiseaux étrangers quasi-inexistant ou négligeable. De ce fait, il ne fait guère de doute que la consanguinité doit être anormalement élevée dans ces micro-population, ce qui un naturellement un fait générateur de leur "affaiblissement" ou apauvrissement génétique. Enfin, les sévères et durables vagues de froid de cette saison (2005/2006) a mis fin à une succession d'hivers anormalement cléments (depuis 1998, en gros) sur l'Europe orientale et centrale, ce qui a dû naturellement réduire tout à la fois l'erratisme, l'instinct de fuite (/notion de "migration à regret"), la résistance, la sélection et le brassage inter-régional de ces oiseaux peu enclins et adaptés à la mobilité.

On ne peut manquer d'en conclure que c'est là une hypothèse pertinente pour contribuer à l'explication de la sensibilité du cygnes au virus, et son impact léthal relativement important sur cette espèce.
Titre: Article intéressant sur l'histoire du cygne en Dombes
Posté par: Deufy le 14 mai 2006 à 21:29:20
Horreur ! :-[

Je viens de me relire.
Que de fautes !

Sui trop fatigué. Vais m'coucher... ???