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Titre: FIGARO : la traque du H5N1 se poursuit dans l'Ain
Posté par: niceam le 09 mai 2006 à 08:33:48
La traque du H5N1 se poursuit dans l'Ain
Jean-Michel Bader
09 mai 2006, (Rubrique Sciences & Médecine)
FIGARO
   
Les spécialistes estiment que le virus de la grippe aviaire pourrait s'installer durablement en France.
 

Si les derniers cas d'influenza aviaire détectés par le laboratoire départemental d'analyses de Bourg sont des cygnes, on continue à rechercher aussi le virus chez d'autres espèces.
 
C'est un petit paradis pour l'amateur de biodiversité : devant l'étang du Rouland au bord de la départementale, à trois pas de Birieux, 900 mouettes rieuses viennent de s'envoler. Un grèbe à cou noir, des colverts, des cygnes, des fuligules milouins comme les premiers cas positifs au H5N1 en février dernier, dix espèces de canards, neuf espèces de héron, des échasses, des sarcelles. Et même des siffleurs américains, des sarcelles à front bleu : «Il y a quinze jours, on a repéré quatre sternes caspiennes», explique Maurice Benmergui, de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).
 
De l'autre côté de la route, paradant au risque de s'électrocuter sur une ligne électrique, une cigogne adulte. «Quand vous regardez la carte au 1/25 000 de l'IGN, de cette région de la Dombes, il n'y a que du bleu !» C'est vrai que les étangs, uniquement des propriétés privées, sont partout.
 
Sur l'étang du Rouland, il y a douze jours, un cygne mort a été repéré : comme deux autres décédés du côté de Saint-Paul-de-Varax, près de Bourg-en-Bresse, ils hébergeaient le virus H5N1. Certes, on n'en est plus au rythme de dix cadavres d'oiseaux aquatiques ramassés quotidiennement, comme ce fut le cas entre la mi-février et la fin mars 2006 : «Mais nous continuons à récupérer trois à quatre cadavres par jour», précise Daniel Barroux, qui dirige le laboratoire départemental virologique où sont réalisées les autopsies et les analyses.
 
Catherine Dupuy, de la direction des services vétérinaires de l'Ain, ouvre pour nous son registre : «Sur les deux derniers jours, on a trouvé une bécassine des marais, un héron, un cormoran, deux canards colverts, une nette rousse.» Tous négatifs. Et bientôt, avec les premières grandes chaleurs de juin, il faut s'attendre à trouver des milliers d'oiseaux victimes du botulisme, le Clostridium botulinium proliférant dans ces eaux calmes devenues chaudes. Si le virus de grippe aviaire reste prévalant dans les Dombes, comme le craignent les spécialistes, il faudra faire le tri entre les morts du botulisme et les autres.
 
D'ailleurs, M. Barroux nous l'avoue : on a failli passer à côté des premiers cas de canards fuligules milouins découverts en février dans le parc de loisirs de Bouvent. «Ils avaient des signes hémorragiques évidents. Au point que nous avons d'abord cherché des signes traumatiques ou des plombs de chasse. On serait passé à côté sans les analyses génétiques systématiques à la recherche du H5N1
 
Le cygne est-il un réservoir, un hôte intermédiaire du H5N1 ? En tout cas, il prolifère : «Le cygne est une création de l'homme, nous dit un observateur professionnel. Dans les jardins publics, les plans d'eau, on l'a accueilli, nourri. Ils nichent dans la Dombes depuis les années 1970. Ils viennent des pays de l'Est et ils se reproduisent de mieux en mieux. La pratique de la culture sur les «à-sec» des étangs, qui sont vidangés, pêchés et cultivés tous les deux ou trois ans, laissent des résidus, des grains que les oiseaux glanent.»
 
On estime aujourd'hui qu'il y aurait au moins 350 couples pour 900 étangs en eau, la colonie des Dombes est devenue une «population source» de cygnes tuberculés en Europe occidentale. Et c'est sans compter les bandes nomades : un garde a ainsi observé sur l'étang du grand Curtelet, entre Marlieux et Saint-Germain, une troupe de 200 cygnes. Il n'est pas rare l'été d'en voir jusqu'à 140 sur un plan d'eau. Les 1 500 cygnes présents en été consomment donc un peu moins de 5 tonnes de nourriture quotidiennement.
 
Risque d'explosion sociale
 
Le 19 avril, compte tenu de la baisse de mortalité des oiseaux sauvages victimes de la grippe aviaire, le préfet de l'Ain avait réduit par arrêté la zone de protection. Mais la confirmation des trois nouveaux cas lui a fait faire machine arrière. Le 21 avril, un nouvel arrêté préfectoral vient préciser les limites d'une nouvelle zone de protection qui comporte désormais huit communes : Lapeyrouse, Le Plantay, Marlieux, Saint-André-le-Bouchoux, Saint-Germain-sur-Renon, Saint-Paul-de-Varax, Versailleux et Villars-les-Dombes
.
 
Comme d'autres pisciculteurs, le maire de Saint-Paul-de-Varax ne décolère pas : «Les cygnes, si personne ne fait rien, nous saurons bien nous en débarrasser !» La base de loisirs est fermée, la saison de frai dans les étangs est fichue, et les journalistes continuent à venir, à son grand dam !
 
«C'est vrai que nos interlocuteurs sont à bout !, constate M. Benmergui. Il y a un vrai risque d'explosion sociale, avec la répression qui suivra.» Car le cygne est une espèce protégée. Si les derniers cas d'influenza aviaire détectés par le laboratoire départemental d'analyses de Bourg sont des cygnes, on continue à rechercher aussi le virus chez d'autres espèces. Pour comprendre lesquelles sont des réservoirs qui hébergent le virus. Ainsi un programme de surveillance active, décidé par la préfecture et les services vétérinaires départementaux à partir du mois d'avril, piège des oiseaux vivants en Bresse : essentiellement des corvidés (corneilles, corbeaux) et environ 250 individus vont être pris, pour analyser par prélèvements trachéaux et cloacaux l'éventuelle présence du virus H5N1.
 
Canards «sentinelles»
 
Par ailleurs, un programme «France entière» va organiser une surveillance active d'un autre genre : une quarantaine de très grandes cages (trois en Dombes, une en Bresse) seront installées dans les zones humides. Dans chaque cage, 25 canards colverts «sentinelles» vivront jusqu'en novembre au contact direct de l'avifaune sauvage. Tous les quinze jours, les fonctionnaires de l'ONCFS effectueront des prélèvements de trachée et de cloaque, à la recherche du virus de grippe aviaire. La question qui taraude et qui peut fâcher : si le virus s'installe, comment continuer à faire de l'élevage de plein air et à préserver l'AOC volaille de Bresse ?
 
 
http://www.lefigaro.fr/sciences/20060509.FIG000000147_la_traque_du_hn_se_poursuit_dans_l_ain.html#

Toujours le même discours, c'est la faute aux cygnes et aux oiseaux sauvages, alors qu'on ne sait pas comment les étangs ont été contaminés (élevage, nourriture de la pisciculture, fèces des volailles, oiseaux sauvages eux-mêmes contaminés par un élevage ???)

Et la cible : arriver à la suppression des élevages de plein air, donc de qualité avec des volailles saines et non dégénérées....pression des lobbies agro alimentaires ???

Vivement le jour où les poules auront des dents !