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VIRUS H5N1 => AFRIQUE ANIMAUX => Afrique => Cameroun - Articles animaux => Discussion démarrée par: alain le 25 avril 2006 à 05:30:01

Titre: difficile de prendre une decision
Posté par: alain le 25 avril 2006 à 05:30:01
http://www.cameroon-info.net/cmi_show_news.php?id=17556
Grippe Aviaire: Le gouvernement veux abattre la volaille

 
Yaounde, le 24 Avril 2006
© Marie-Noelle Guichi, Le Messager  

 
Plus d’un mois après l’annonce de la trouvaille d’un canard sauvage mort à Garoua, des suites de grippe aviaire, selon les autorités camerounaises, le Comité interministériel Ad hoc de prévention et de lutte contre cette épizootie, vétérinaires et acteurs de la filière avicole n’ont toujours pas accordé leurs violons sur la question.
 
Au cours de la 4ème réunion de ce comité, tenue vendredi 21 avril à l’immeuble Etoile, parole est donnée au ministre de l’Elevage, des pêches et des industries animales, Aboubakar Sarki, pour présenter la situation de la grippe aviaire au Cameroun. Le Minepia indique avec un brin de satisfaction, que depuis trois semaines, la consommation de la volaille a repris sur le marché camerounais. Il ne manque pas au passage, de faire observer qu’avant cette reprise, la filière avicole avait déjà pris un sacré coup, à cause d’une psychose généralisée qui a ôté, pendant un bon bout, le poulet du menu des consommateurs. Occasionnant par-là des pertes économiques énormes qui se chiffrent aujourd’hui en milliard de francs Cfa, souligne le ministre Aboubakar Sarki. Il déclare cependant que malgré l’accalmie, "il faut rester vigilant parce que la grippe aviaire reste une menace au Cameroun".

Parmi les mesures à prendre pour "éviter la propagation du virus H5N1", responsable de la grippe aviaire, le Minepia préconise, entre autres, l’abattage de la volaille dans un rayon de 3 mètres autour des foyers déclarés. Une solution qui suscite des interrogations, lorsqu’on constate qu’elle intervient plus d’un mois après la détection du virus H5N1 par un laboratoire français, sur un canard sauvage mort de "façon suspecte" dans la localité de Malape à Garoua, le 11 mars 2006. Le second et visiblement dernier cas, a été découvert dans les mêmes conditions, dans la localité de Douararé à Maroua.


Complot?

Le représentant du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, à la rencontre de vendredi dernier, s’est opportunément interrogé sur la "crédibilité de cet abattage" aujourd’hui, alors que la psychose semble s’estomper et que la filière, agonisante, tente de se relever. Pour le ministre de la Santé publique, Urbain Olanguéna Awono, il est question de respecter les normes internationales en la matière. Il déclare que l’Organisation mondiale de la santé recommande qu’en cas de déclaration d’un foyer de la grippe aviaire dans une région donnée, les autorités compétentes procèdent à un abattage systématique de la volaille dans un rayon de 3 mètres autour de ce foyer. Mais ce que le Minsanté oublie de dire, c’est que cet abattage doit immédiatement se faire après l’annonce des résultats de laboratoire confirmant qu’il y’ a effectivement grippe aviaire dans le foyer suspecté. Cette réaction doit se faire en urgence pour éviter la contamination des élevages environnants, puisque, d’après les experts en la matière, le virus H5N1 est très sévère et se propage à un rythme vertigineux.

Or pour le cas d’espèce, au Cameroun, en dehors des deux cas sus-évoqués, de Garoua et Maroua, aucun autre cas de grippe aviaire n’a été officiellement notifié et déclaré, même si de nombreux poulets et autres oiseaux sauvages morts ont été signalés çà et là, mais parfois très loin des foyers déclarés; lesquels foyers dits à risques, se situent d’ailleurs dans une région à faible concentration en fermes avicoles.

Des semaines après les morts suspectes des deux canards sauvages de Garoua et Maroua, les maigres fermes voisines n’ont à ce jour connu aucun désastre, comme on aurait pu s’y attendre, compte tenu de la virulence de l’épizootie. Bien plus, le commerce de la volaille, interdit dans la région au lendemain de l’annonce du laboratoire français, a officieusement repris, sans que l’interdiction soit levée. Les populations ayant tout simplement réalisé que l’épidémie de grippe aviaire tant clamée par le gouvernement avait tout l’air d’une machination. "Nous avons soumis les populations à des conditions extrêmement draconiennes dès que le laboratoire français a annoncé que le virus H5N1 était présent au Cameroun. On s’est comporté comme s’il s’agissait du virus H5N1", a confessé, au cours de la réunion de vendredi dernier, le président du comité interministériel Ad hoc de prévention et de lutte contre la grippe aviaire, Emmanuel Nganou Djoumessi, par ailleurs secrétaire général adjoint des services du Premier ministère. De quoi donner raison à certains observateurs avertis qui ont émis des doutes sur la présence effective de l’épizootie dans ce pays !

Bernard Njonga, le président de l’Association pour la défense des intérêts du citoyen, Acdic, est monté au créneau récemment, à la faveur d’une rencontre avec la presse, pour dénoncer ce qu’il appelle "le complot du gouvernement camerounais contre une filière avicole qui essayait déjà de rebondir", après une âpre bataille menée contre les importations des découpes de poulet d’Europe. Importations du reste encouragées par de hauts cadres véreux, tapis dans certains ministères, fait remarquer Bernard Njonga, qui ajoute, avec amertume, que ces fonctionnaires, leurs patrons avec, s’engraissent dans ces importations, au détriment de la filière avicole nationale qui bat de l’aile, ne bénéficiant d’aucune subvention de l’Etat.


Contestation

Si le gouvernement finit par exécuter son plan d’abattage, il entend verser 2000 francs par bête abattu aux propriétaires, grâce à un important financement de 3,5 millions de dollars américains que les Nations unies s’apprêtent apporter, en appui, au Cameroun, à en croire Sophie De Caen représentante résidente du Pnud à Yaoundé. Dans le même sens, la Banque mondiale a promis 2 millions de dollars au gouvernement camerounais, selon la même source. Dans les services du Premier ministère, on parle aussi d’un important soutient du gouvernement chinois. Mais la valeur de ce soutient chinois n’a pas été révélée à la presse.
En attendant, certains éleveurs, contestent déjà le montant de 2000 francs Cfa que le gouvernement leur propose en guise de compensation par tête de volaille abattu. Ceux-là estiment que ce prix est en deçà de celui pratiqué sur le marché de la volaille où on peut, à présent que la psychose est tombée et que le poulet tend à se raréfier sur le marché à cause de la braderie d’il y’a quelques semaines, vendre parfois jusqu’à 3500 francs son poulet. Le gouvernement a donc du pain sur la planche.