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VIRUS H5N1 => AFRIQUE ANIMAUX => Afrique => Algérie - Articles animaux => Discussion démarrée par: alan-sahara le 06 mars 2006 à 08:32:29

Titre: menace de grippe aviaire : Filière avicole : 200M$ de pertes
Posté par: alan-sahara le 06 mars 2006 à 08:32:29
En Algérie le marché anticipe ?!

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sur : http://www.liberte-algerie.com

Première conséquence de la menace de grippe aviaire
Filière avicole : 200 millions de dollars de pertes

Par : Hamid Saïdani

Regroupés autour d’une coordination nationale, les opérateurs de la branche tentent d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les menaces qui pèsent sur leur profession qui enregistre une baisse de la consommation de l’ordre de 70%.

Si pour le moment, et heureusement, aucun cas de grippe aviaire n’a été enregistré en Algérie, la crise suscitée par l’avancée de la pandémie en Afrique et en Europe a déjà fait des victimes dans notre pays.
Les professionnels public et privé de la filière avicole font face actuellement à un début d’effondrement de la branche et redoutent littéralement la disparition pure et simple de la profession, si la psychose de la grippe aviaire venait à se prolonger dans le temps.
C’est donc un véritable cri de détresse que lancent aujourd’hui les aviculteurs aux pouvoirs publics pour la prise de mesures à même de les rassurer dans ce contexte d’extrêmes difficultés causé par la baisse de la consommation des viandes blanches.
Jusque-là handicapés par l’absence d’un cadre organisationnel pour la profession, les principaux opérateurs activant dans le secteur (accouvage, élevage, fabrication d’aliment, abattage…) se sont récemment regroupés autour d’une coordination nationale des professionnels de l’aviculture mise en place dans le but de défendre les intérêts de la filière. Si aujourd’hui ils décident de réagir, c’est que les dégâts semblent avoir atteint un niveau inquiétant.
Pour M. Benhamza Taha, éleveur accouveur installé à l’ouest du pays, les pertes subies par la filière en quatre mois avoisinent les 200 millions de dollars avec une tendance exponentielle. Si les choses n’évoluent pas positivement, ces pertes risquent donc tout simplement de doubler en un mois seulement, selon M. Benhamza. En effet, le niveau atteint par la baisse de la consommation des viandes blanches a de quoi donner des sueurs froides aux professionnels du secteur. Il est estimé actuellement à 70%. “À la faveur de cette crise, la filière risque de disparaître. Jamais il n’y a eu un tel niveau de baisse de la consommation. Nous vivons une situation de quasi-faillite pour l’élevage et cela s’est répercuté sur toute la filière. La machine s’est donc complètement grippée”, explique M. Benhamza pour qui la psychose née de la crise actuelle n’a pas lieu d’être puisqu’“il n’y a aucun danger à consommer du poulet cuit”. Si donc la situation perdure, l’on craint, selon lui, “des conséquences dramatiques sur toute la filière et même sur le régime alimentaire des citoyens”.
D’après lui, la consommation des viandes blanches représente 60 à 65% de la consommation des viandes en Algérie et le secteur représente 150 000 emplois permanents et 300 à 400 000 emplois indirects.
La production annuelle avoisine 300 millions de poulets, ce qui équivaut en valeur à la bagatelle de un milliard de dollars. Le mérite de la filière réside dans la satisfaction de la demande interne en viandes blanches et œufs. Tout cela fait de cette filière, une branche économiquement viable, mais qui en fait aujourd’hui les frais de la psychose provoquée par l’évolution de l’épizootie de la grippe aviaire et des dégâts qu’elle charrie sur son passage. Les opérateurs rassemblés dans la coordination nationale tentent d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur les difficultés qu’ils endurent.
Dans ce cadre, une délégation a été reçue au ministère de l’Agriculture et a remis un dossier contenant leurs doléances.
M. Benhamza indique qu’une autre réunion est en principe prévue aujourd’hui avec les responsables du ministère. “L’aide des pouvoirs publics à la profession peut prendre plusieurs formes. Cela peut aller d’une décision de prise en charge des cheptels, à des allègements fiscaux ou des subventions comme cela s’est fait dans les pays où la filière avicole a connu une crise similaire”, suggère M. Benhamza qui estime que “nous sommes dans une situation de catastrophe naturelle” et que par conséquent “l’État doit apporter son aide à la sauvegarde de la profession”. Notre interlocuteur met, par ailleurs, en relief le problème d’information concernant les mesures prévues en cas d’apparition sur le territoire de foyers de grippe aviaire.
Contacté pour connaître la suite donnée à la requête des aviculteurs par le ministère de tutelle, M. Assabah, directeur de la régulation et du développement des productions agricoles au ministère de l’Agriculture, affirme que “le dossier est minutieusement examiné au même titre que les autres dossiers” par le département, soulignant que “la concertation avec la profession demeure une tradition qu’il faut perpétuer”.
M. Assabah note également que ce dossier est l’objet d’une attention particulière dans les discussions avec la Chambre nationale d’agriculture.

Hamid Saïdani
Titre: REFLEXION SUR "FILIERE AVICOLE EN DANGER"
Posté par: AZZEDINE le 23 mars 2006 à 17:42:27
"En dépit du risque encouru par la filiére avicole, une réflexion a été faite à ce sujet en date du 25/01/2006. Et on commence à en subir les conséquences, car le jour où mon initiative a été prise, le prix du poulet était à 100,00 DA LE KILOGRAMME (au détail). Alors qu'il est actuellement de 230,00 DA LE KILO (tjr au détail).
La fête religieuse du Mawlid ennabawi va "rafler" toute la production restante et l'Algerie observera une periode de manque serieuse en VIANDES BLANCHES (toutes catégories confondues). Et en parallele, l'augmentation des prix des viandes rouges, fait que l'apport en protéines animales des petites bourses va vraiment manquer...

Voici la réflexion envoyée le 25/01/2006:

    Réflexion :
FILIERE AVICOLE EN danger


              Dans le souci de sauvegarder la filière avicole d’une catastrophe économique qui se profile à l’horizon, et afin d’empêcher « la mafia » de la viande blanche de saisir et « ensorceler » cette occasion (risque d’I.A) à des fins commerciales pures. Les pouvoirs publics concernés  doivent prendre en charge sérieusement ce problème.
En profitant du bas prix actuel du poulet, des non professionnels « s’adonnent »t à  ramasser toutes ces productions et procéder à leur congélation.
La mévente de ces viandes blanches (victimes d’une médiatisation exagérée), peut se répercuter négativement et sur l’économie nationale, et sur la santé publique.
Et en ma qualité d’inspecteur vétérinaire de terrain, cette dernière en est ma préoccupation majeure. Je m’explique : On risque d’avoir non pas une pandémie de Grippe aviaire, mais « une pandémie » d’intoxications alimentaires difficilement cernables. C'est-à-dire, la vente de ces poulets congelés sans observations aucune des règles d’hygiène et des règles de décongélation risque d’avoir des conséquences néfastes. Sans parler des éventuelles « fraudes » et ce par substitution de ces poulets congelés-décongelés à des poulets frais, surtout avec la prolifération des rôtisseries.

         L’autre volet à sauvegarder est économique :
 
Tout les efforts qui sont faits par les services vétérinaires officiels en un mois, la presse le démolie par un titre en une demi-journée. Cette pression médiatique non professionnelle ne fait « qu’abattre » les vrais aviculteurs et favorise la prolifération des opportunistes.
Ces vrais aviculteurs qui ont reçu des coups sévères à répétition suite à la chute brutale et prolongée du prix du poulet, ne vont plus mettre en place de nouvelles bandes. On est informé mieux que personne sur les fluctuations quantitatives du cheptel avicole sur le marché et de sa disponibilité.
Dans un pays qui tente à réguler son économie de marché, il se voit inconcevable que le prix du poussin oscille entre 05 DA et 85,00 DA à 10 jours d’intervalle !!!.
On observera d’ici deux (02) mois (après écoulement de tout le poulet de chair arrivés en fin de cycle d’élevage) à une rareté de ce produit et ainsi le prix du poulet peut passer du simple au double sans transiter  par les différentes fourchettes.
Le consommateur souhaitera bien payer son kilogramme de poulet à environ 150,00 DA à longueur d’année, au lieu de «  se réjouir » en une courte période à 100,00 DA et en assumer le reste de l’année à 250 voir 300,00 DA le kg.(ON Y ARRIVE).
Si une réflexion n’est pas faite de suite à haut niveau, la filière avicole qui a pris une expansion considérable grâce aux efforts des pouvoirs publics, risque de se retrouver au point de départ, allant même à importer cette denrée où le simple consommateur(petite bourse) trouve refuge suite aux prix exorbitant des viandes rouges.
Les propositions de terrain sont nombreuses et l’état n’a qu’à mettre le paquet pour sauvegarder son économie et cette filière à productions variées, au moment où les habitudes alimentaires des Algériens commencent à se diversifier (dinde, caille,…).

         Aussi, une bonne médiatisation est nécessaire afin de rassurer officiellement le grand public pour continuer à consommer ces protéines animales sans aucune crainte de l’Influenza aviaire.
Titre: PROPOSITIONS: Aide aux aviculteurs.
Posté par: AZZEDINE le 24 mars 2006 à 09:17:14
     Dans le même ordre d’idée et en ce qui concerne les aides qui seront éventuellement envisagées par l’état aux aviculteurs. Et dans le but de mieux canaliser cet argent.
Des propositions en ce sens ont aussi été faites, à savoir :


    1/ Commencer par un recensement objectif des vrais aviculteurs agrées par les services vétérinaires officiels, en impliquant les inspections vétérinaires de wilaya, qui eux connaissent bien et mieux ces aviculteurs (du père au fils) dont le revenu provient exclusivement de cette activité. Car ces petits aviculteurs constituent à eux seuls une partie considérable du marché de la volaille. Ces aviculteurs mettent en place des petites bandes certes (2000 à 5000 sujets), mais leur nombre est considérable. Et dans la crise actuelle, se sont ces « fermiers » qu’il faut aider en priorité pour conserver la continuité de la filière. Car si l’aide se fait uniquement en amont de la chaîne, qui va prendre les poussins…

  * Il faut signaler que ce recensement est fait dans le cadre de la sauvegarde économique de la filière avicole. A nuancer avec celui de la prévention contre l’Influenza Aviaire (déjà fait), et où les aviculteurs « clandestins » ont été répertoriés eux aussi.
Il s’agit de deux (02) volets tout à fait différents et distincts. Car en cas d’épizootie, c’est toute la machine de l’état qui sera enclenchée, et l'aide prendra dans ce cas précis le nom d'INDEMNISATION.
Donc à ne pas confondre les deux opérations. On n’est pas encore à l’ère de l’épizootie, ni encore à la pandémie. Donc la situation n’est pas aussi dramatique comme signaler ça et là. Elle est pour l’instant gérable et la crise de l’I.A y est pour beaucoup de chose «  à toute chose, malheur est bon ». La peur de cette pandémie a joué en faveur de la filière avicole qui s’organise de mieux en mieux.

   2/ Epargner les aviculteurs non agréés (élevage sous serres,….) et les « clandestins » de ce programme d’aide, car ces derniers ont déjà eu leur compte ! (Fuite d’impôt). Ces derniers par contre, seront indemnisés en cas de sinistre national (déclaration de la maladie).

    3/ Pour ce qui est de déclarer la filière avicole sinistrée. Je crois qu’il ne faut pas dramatiser une situation gérable où une simple réorganisation peut porter ses fruits. Donc gérant d’abord cette crise sans lui « coller » l’impact de la pandémie.

   4/ Les aides ne doivent en aucun cas être données en argent. Ainsi, pour assurer la continuité de la chaîne (filière avicole), ces contributions de l’état (si on peut les appeler ainsi) doivent être attribuées s/forme d’organes de production (éléments d’élevage) : poussins, œufs à couver, aliment, médicaments, matériel,…
Cette forme d’aide a plusieurs avantages, à noter :

        - Maintenir la filière avicole « debout ».
        - Sauver l’économie nationale du risque de fragilisation de la filière.
        - Faire tourner (aide indirecte) les organismes étatiques et semi étatiques (ONAB, Gpes
          Avicoles, Accouveurs,…).
        - Bien canaliser l’argent de l’état.
        - Bien gérer les statistiques de la filière.
        - Gérer à bien l’épidémiologie et se préparer à une éventuelle épizootie.
        - Impliquer les agents de l’état dans le suivi de ce programme (P/APC, Dr vét., ACV, ).
        - Réguler le prix du poussin, de l’OAC, … et du poulet.
        - Eviter toute inondation du marché et tout manque de viandes blanches.
        - Gérer l’offre et la demande en programmant des mises en place et des incubations en fonction du besoin du marché.

   5/ A tout ça s’ajoute automatiquement, et je le répète, une bonne médiatisation officielle.

Donc voici modestement quelques solutions pratiques de terrain, à court terme, dans l’attente des conclusions des cellules de réflexion faites à ce sujet.